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Accusé d’enchaîner des clients avec des ententes illégales

Le pharmacien fait face à 18 chefs d’infraction déposés par son Ordre

Martin Manseau
Photo Chantal Poirier Le pharmacien Martin Manseau a plaidé non coupable aux infractions déposées contre lui par son ordre lundi dernier.

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Un pharmacien de Châteauguay est accusé d’avoir eu des ententes d’exclusivité avec une compagnie pharmaceutique pour la distribution de plusieurs médicaments au Québec, obligeant ainsi tous les patients à faire affaire avec lui.

Propriétaire d’une pharmacie à Châteauguay, Martin Manseau a plaidé non coupable aux 18 chefs d’infraction déposés contre lui par l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), lundi dernier.

Ententes exclusives

Quatre plaintes de pharmaciens ont été reçues à l’OPQ contre M. Manseau. Le syndic lui reproche entre autres d’avoir eu des ententes d’exclusivité avec la compagnie Bioscript pour la distribution de sept médicaments au Québec, depuis 2013.

« C’est un absolu, il y a juste M. Manseau qui le distribue », a dit Bernard Desbiens, syndic.

Pour une dizaine d’autres médicaments, Bioscript lui aurait fourni de la clientèle. Mardi, M. Desbiens a décrit un « écosystème » avec un « paquet d’acteurs impliqués » pour ces médicaments « de spécialités » (sclérose en plaques, cancer, hépatite, etc.).

Par exemple, une ordonnance est envoyée par le médecin au fabricant, et la prescription est acheminée à la pharmacie de Martin Manseau. Le médicament est ensuite livré au domicile du patient, ou à la clinique où il le reçoit par injection.

Le syndic reproche aussi à M. Manseau d’avoir porté atteinte au droit des patients de choisir leur pharmacien.

Systèmes de distribution

On lui reproche également d’avoir mis en place un système de distribution de deux médicaments qui traitent la dégénérescence maculaire dans huit cliniques au Québec. Selon la syndique Josée Morin, le total de patients concernés (ou de doses) atteint 4500.

Or, le syndic a souligné que le pharmacien de Châteauguay ne respectait pas le code de déontologie, qui prévoit qu’un médicament doit être livré sur prescription seulement.

Le pharmacien fournissait aussi des réfrigérateurs pour conserver ces médicaments. Il aurait payé 25 000 $ pour ces systèmes, selon le syndic. Or, après une période de gratuité, les cliniques devaient payer.

100 000 $ en matériel

Par ailleurs, le syndic reproche au pharmacien d’avoir donné 100 000 $ de fournitures médicales à des cliniques.

Rencontré par l’OPQ en 2016, M. Manseau s’est engagé à modifier sa pratique. Or, le pharmacien continuait de fournir des doses en « urgence », a dit le syndic.

Les audiences se poursuivent lundi. M. Manseau, qui n’a pas d’antécédents disciplinaires, n’a pas encore témoigné.

Ce qu’on lui reproche

  • Avoir fourni des médicaments ophtalmiques à des cliniques médicales sans qu’une dose soit prescrite.
  • Avoir installé des réfrigérateurs d’une valeur de 25 000 $ pour entreposer des médicaments dans des cliniques.
  • Avoir fourni gratuitement des fournitures médicales à des cliniques, pour un total de 100 000 $.
  • Avoir récupéré des doses de médicaments dans les cliniques, et les avoir réutilisées ailleurs.