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Aucun juge ne porte de signes religieux, selon la juge en chef

La magistrate s’interroge sur la pertinence du projet de loi sur la laïcité de Legault

Lucie Rondeau
Photo d'archives, Didier Debusschère La juge en chef de la Cour du Québec Lucie Rondeau croit qu’un projet de loi qui vient modifier un droit fondamental « doit corriger un problème urgent ».

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Le Conseil de la magistrature a prévenu le gouvernement Legault qu’aucun juge du Québec ne porte de signes religieux ostentatoires.

La juge en chef Lucie Rondeau a fait part de cette information de sa propre initiative à la ministre Sonia LeBel, en décembre dernier, en prévision du projet de loi sur la laïcité, avant même que le gouvernement ne décide de sonder les ministères visés.

« Quand on veut adopter une loi qui vient limiter un droit fondamental, n’importe quel droit fondamental, il faut que ce soit fait dans le but de corriger un problème urgent, précise-t-elle à notre Bureau parlementaire. Un des critères pour déterminer si on peut le faire dans une société libre et démocratique, c’est l’existence d’un problème réel. Je pense que c’est important que les gens sachent s’il y a un problème ou pas. »

La juge Rondeau ne s’en cache pas, la volonté d’inclure les juges dans le projet de loi interdisant les signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité interpelle le Conseil de la magistrature.

« Il n’y a pas de juge qui porte de signes religieux, ça, c’est une information factuelle importante que j’ai cru important de transmettre [au gouvernement] », insiste-t-elle.

La Commission scolaire de Montréal a crié au scandale quand la CAQ l’a sondée sur le nombre d’enseignants qui portent un signe religieux au travail. Selon la présidente Catherine Harel-Bourdon, ce dénombrement des employés qui affichent leurs convictions religieuses irait à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés.

La juge en chef de la Cour du Québec précise qu’elle n’a pas fait de recensement ni d’enquête auprès des magistrats pour être en mesure d’affirmer qu’aucun juge ne porte de signes religieux.

« C’est une petite communauté et je connais tous les juges. On se rencontre dans les corridors quand on est en toge et qu’on va siéger. On le voit, c’est une petite communauté et c’est factuel, on porte une toge justement pour dépersonnaliser le juge, pour démontrer que ce n’est pas le juge en tant que personne qui juge, mais le juge représentant d’une institution judiciaire », a-t-elle ajouté.

Chasse au hidjab

De son côté, la Fédération autonome de l’enseignement craint que le gouvernement Legault ne se lance dans une « chasse au hidjab » avec son projet de loi sur les signes religieux. « Ce n’est pas tant le prof qui porte une croix ou le prof qui porte une kippa, le fond du malaise que semble vivre le gouvernement Legault, c’est le hidjab », a soutenu hier son président, Sylvain Mallette.

-Avec Daphnée Dion-Viens

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