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Faillite de QuadrigaCX: un Montréalais a perdu 20 000$ après avoir misé sur la cryptomonnaie

La faillite d’une entreprise de Vancouver coûte au total 250 millions $ à 115 000 clients

Mohamed Lamine Chabana
Photo Francis Halin Mohamed Lamine Chabane aimerait que l’État surveille de plus près les plateformes d’échange de cryptomonnaies comme QuadrigaCX.

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Un propriétaire de garderie qui échangeait de la cryptomonnaie à partir de son sous-sol a perdu 20 000 $ sur la plateforme QuadrigaCX, qui a fait faillite, hier.

Il n’est pas le seul dans cette situation, 115 000 personnes ont vu leur investissement disparaître en fumée. C’est 250 millions de dollars qui se sont envolés.

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« C’est toutes mes économies. Je suis étudiant. J’ai quatre enfants. La garderie nous amène à peine 30 000 $ ou 40 000 $ par année. Il faut payer tout ce qui vient avec : l’hypothèque, l’électricité et... les machines », déplore Mohamed Lamine Chabane, propriétaire d’une garderie à Saint-Léonard.

Comme des centaines de Québécois, M. Chabane faisait confiance à la plateforme d’échange QuadrigaCX située en Colombie-Britannique pour acheter ou vendre sa cryptomonnaie.

Mais depuis quelques mois, il trouvait que le site tardait à effectuer ses opérations. Quand il a appris que son fondateur est mort en décembre en emportant avec lui le seul mot de passe qui donne accès à l’argent... il a su que c’était fini.

Gerald Cotten, ex-PDG de QuadrigaCX, devant la firme de cryptomonnaies La maison du bitcoin, à Paris, en 2014. 
Capture d’écran Facebook
Gerald Cotten, ex-PDG de QuadrigaCX, devant la firme de cryptomonnaies La maison du bitcoin, à Paris, en 2014. 

2800 $ par mois

Au départ, quand Mohamed Lamine Chabane a commencé à s’intéresser à la cryptomonnaie, tout allait bien. Il pouvait aller chercher 2800 $ par mois pour arrondir ses fins de mois grâce à ses six ordinateurs. Ses machines tournaient à plein régime.

« Ma thermopompe a lâché tellement ça y allait fort », dit-il à la blague. Mais aujourd’hui, l’histoire est moins drôle. Dans son groupe Facebook, ses amis ont perdu près de 300 000 $ sur la plateforme de Vancouver.

« Ceux qui sont derrière ça ont brisé des familles. Je le vois. [...] », déplore l’homme, qui encaisse le choc.

Encadrement

Dans le milieu des cryptomonnaies, on pousse des soupirs. On pointe du doigt le gouvernement qui n’en fait pas assez pour réglementer cette industrie rebelle.

« Il faut que Québec oblige au plus vite les plateformes de cryptomonnaies à implanter des mesures de sécurité pour protéger les fonds », insiste Nick Chong, directeur de l’Amérique du Nord pour la plateforme japonaise Liquid.com.

Selon lui, les autorités réglementaires doivent mieux vérifier les dépôts et contrôler de plus près les signatures requises sur ces plateformes de monnaies virtuelles.

Jointe par Le Journal, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a indiqué que QuadrigaCX n’est pas sur son « radar réglementaire », parce que le site est situé en Colombie-Britannique.

De plus, l’AMF rappelle que les cryptomonnaies ne relèvent pas de la définition de la Loi sur les valeurs mobilières, ce qui limite son action : « L’AMF n’a pas compétence pour encadrer ces cryptomonnaies-là. C’est difficile pour nous, voire impossible, de faire plus que des mises en garde », a indiqué Lise Estelle Brault, directrice principale Fintech, innovation et encadrement des dérivés à l’AMF.