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Le pont de l’Île d’Orléans demeure «sécuritaire» malgré sa dégradation avancée

Le pont de l’Île d’Orléans demeure «sécuritaire» malgré sa dégradation avancée
Capture d'écran, Simon Clark

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Malgré son âge vénérable et les signes d’une dégradation «très importante» visibles sur des centaines de pièces d’acier ou de béton, le pont de l’Île d’Orléans demeure «sécuritaire», assure le MTQ, qui lancera un nouveau chantier au printemps.

Dans son rapport d’inspection générale de près de 600 pages, dévoilé mercredi, on peut apercevoir des centaines de clichés qui n’ont rien de bien rassurant pour le non-initié ; désagrégation très importante, fissure importante, perforation, corrosion, déformation, délaminage, etc. Plus de 1130 éléments ont été analysés minutieusement. 

Les constats sont certes troublants, mais le ministère des Transports maintient que les automobilistes qui empruntent la structure n’ont aucune raison d’être inquiets en raison du suivi rigoureux effectué tous les deux ans. En point de presse, les analogies médicales étaient à l’honneur pour décrire l’état du «patient» qui soufflera ses 84 bougies en juillet prochain. 

«Il est en fin de vie, mais il n’a pas de maladie grave. Il n’y a rien qui est incurable. On est capables d’intervenir pour que le pont reste sécuritaire. Si le pont n’était pas sécuritaire, on ne serait pas là en train d’en discuter aujourd’hui parce qu’il serait fermé», a insisté le porte-parole du ministère des Transports, Guillaume Paradis. 

«Je comprends que les citoyens peuvent être inquiets avec ça, mais c’est du jargon d’ingénieur. Une dégradation très importante sur un élément secondaire, ce n’est pas aussi grave que sur une poutre... Le pont est en bon état parce qu’il est pris en main par le ministère», a renchéri l’ingénieur Bruno Beauregard. 

Des travaux jusqu’en 2027

Rappelons que le vieux pont de l’Île d’Orléans doit être remplacé par un pont à haubans flambant neuf. Prévu à l’origine pour 2024, le gouvernement Legault a reporté sa mise en service en 2027. M. Beauregard affirme que ce nouvel échéancier n’a pas bousculé le calendrier des travaux à court terme. 

«Nous, ce qu’on a comme mandat, c’est de garder le pont dans l’état où il est. Évidemment, il est vieux, il a des défauts, l’idée, c’est d’empêcher que ces défauts-là se dégradent avec le temps et occasionnent des défaillances plus importantes. On n’a pas précipité les travaux cette année pour que le pont dure jusqu’en 2027.» 

Le MTQ lancera un appel d’offres prochainement en vue d’une nouvelle ronde de travaux au printemps et à l’été. Plus de la moitié des joints de dilatation devront être remplacés. Des travaux seront également effectués pour remplacer des sections de glissières de sécurité et des joints intermédiaires. 

Des sections de trottoir seront réparées puis des plaques d’acier seront également soudées sur des éléments de la structure en acier qui sont perforés. Enfin, certaines piles du pont seront recouvertes d’une nouvelle épaisseur de béton armé. Heureusement pour les automobilistes, les entraves devraient être planifiées principalement la nuit. 

Ces travaux devraient coûter «entre 1 M$ et 5 M$» selon Guillaume Paradis, qui a refusé de donner une estimation plus précise afin de ne pas influencer à la hausse les soumissions. 

Le préfet n’est pas inquiet

Joint par Le Journal, le préfet de la MRC de l’Île d’Orléans et maire de Sainte-Pétronille n’a affiché aucun signe d’inquiétude, visiblement satisfait de sa rencontre avec le MTQ en matinée et des travaux annoncés. « Les gens qui restent à l’île savent qu’il est solide. Moi, je connais des gens qui ont peur de venir à l’Île à cause de l’étroitesse du pont, mais pour ce qui est de sa solidité, moi, je n’ai aucun doute. J’ai pleine confiance en ce pont-là.»