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Amazon déploie 20 lobbyistes au Québec

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Amazon multiplie ses activités de lobbyisme auprès de tous les ministères et organismes du Québec pour obtenir les juteux contrats d’hébergement infonuagique de données, ce qui irrite les entreprises de chez nous.

Alors que le gouvernement Legault cherche à entreposer les données du Québec dans le nuage d’une entreprise privée, la compagnie américaine Amazon a déployé l’artillerie lourde pour présenter ses « solutions infonuagiques (Cloud) ».

Pas moins d’une vingtaine de représentants d’Amazon sont inscrits au registre des lobbyistes du Québec depuis un an. L’objectif de l’entreprise est « d’analyser les possibilités » que le Conseil du trésor ou le gouvernement ait recours à leurs produits.

Les ministères, les organismes et les sociétés d’État comme Hydro-Québec sont dans la mire de l’entreprise appartenant à l’homme le plus riche au monde, Jeff Bezos.

« Les démarches sont effectuées dans l’éventualité d’un appel d’offres sur invitation au public ou un contrat gré à gré », souligne le mandat du gouvernement.

« Ils ont une force de frappe beaucoup plus forte que nous. En termes de politique, le gouvernement est porté à penser à eux plus souvent qu’il ne le devrait », estime Mathieu Pin, directeur des ventes de OVH, un groupe français basé à Beauharnois.

Depuis lundi, les craintes de voir une entreprise américaine décrocher un généreux contrat pour devenir le gardien des données du Québec se multiplient, principalement en raison des lois américaines qui pourraient mettre en danger la vie privée des Québécois.

Trop puissant

Et même si les entreprises d’ici voudront décrocher ces contrats, elles feront face à un redoutable adversaire commercial.

Selon Mathieu Pin, des sociétés comme Amazon parviennent à avoir l’oreille du gouvernement parce qu’elles investissent bien plus d’argent en lobbyisme que les hébergeurs québécois.

« Les gros joueurs mettent beaucoup d’argent sur la table pour faire du marketing et pour faire du lobby », affirme-t-il.

De son côté, l’entreprise québécoise SerWeb assure avoir les capacités, les ressources et les compétences pour accompagner le Québec vers le nuage. « Nous suivons la situation de près », a expliqué l’entreprise.

Au Canada aussi

Amazon Web Services (AWS) Canada se fait aussi entendre dans les coulisses de la Chambre des communes, à Ottawa. Ces 12 derniers mois seulement, AWS Canada est entré en communications plus de 150 fois avec les titulaires de charges publiques, selon le Registre des lobbyistes canadien.

Joint par Le Journal, Amazon soutient qu’il y a au Québec une compréhension erronée du « Cloud Act » américain et que les craintes sont non fondées.

« Nous ne divulguons pas les renseignements des clients, sauf obligation de le faire, conformément à une ordonnance juridiquement valable et contraignante, comme une assignation à comparaître ou une décision judiciaire », a dit la porte-parole Candi Jeronimo, assurant qu’Amazon respecte la confidentialité et la sécurité de ses clients, qui peuvent crypter leurs données.

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