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Des liens entre les maladies du cœur, l’AVC et les déficits cognitifs

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Les personnes atteintes d’une maladie vasculaire seraient «considérablement» plus susceptibles d’en développer d’autres, selon une vaste étude de Cœur + AVC, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada. 

Les liens entre les maladies du cœur, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et les déficits cognitifs d’origine vasculaire (des anomalies dans les petits vaisseaux sanguins du cerveau) seraient beaucoup plus importants que ce que les médecins croyaient jusqu’ici. 

«La découverte la plus surprenante est que les personnes avec une maladie du cœur présentent un risque très accru de souffrir d’une dégénérescence cognitive – et possiblement de démence – à cause d’une maladie vasculaire sous-jacente», indique Yves Savoie, chef de la direction nationale de Cœur + AVC. 

«Les maladies vasculaires sont encore plus interreliées que nous ne le pensions, ce qui laisse entrevoir un problème encore plus grave et alarmant pour la majorité de la population, puisque 90% d’entre nous vivent avec un risque de maladie cardiovasculaire.» 

Un décès toutes les cinq minutes 

Pour cette étude Cœur + AVC a analysé les 2,6 millions d’hospitalisations liées à une maladie du cœur, un AVC ou un déficit cognitif d’origine vasculaire recensées au Canada entre 2007 et 2017. 

Près de 40% des malades ont été réhospitalisés au moins une fois pour un épisode connexe, qui aurait pu être évité ou pris en charge si le patient avait changé son mode de vie ou obtenu un traitement plus tôt selon le communiqué émis par la Fondation. 

Beaucoup de ces cas ont dégénéré en maladies graves ou urgences médicales, notamment pour les femmes qui seraient plus touchées que les hommes. 

Selon l’étude, une personne meurt d’un trouble cardiaque, d’un AVC ou d’un déficit cognitif d’origine vasculaire toutes les cinq minutes et les affections cardiaques, cérébrales et cognitives tuent 13% plus de personnes que tous les cancers réunis. 

« Les liens insoupçonnés entre les troubles vasculaires causent des souffrances inutiles à des milliers de nos concitoyens. Les patients qui sont aux prises avec ces affections se sentent dépassés, et le système de santé est surchargé. La situation ne peut pas durer, et elle ne fait qu’empirer à mesure que la population vieillit et que les maladies se manifestent plus tôt chez les personnes atteintes », fait savoir Yves Savoie. 

Recommandations 

Cœur + AVC demande des changements systémiques pour régler ce grave problème de santé publique. 

«En effet, même s’il n’est question que d’une seule affection, les patients et leur famille doivent naviguer dans un réseau complexe. Pour les patients atteints de plusieurs maladies, l’approche compartimentée relative aux soins est particulièrement difficile. La tâche devient vite insurmontable lorsqu’un trouble cognitif s’y ajoute», peut-on lire dans le communiqué. 

«Il nous faut un système de santé intégré qui repose sur une approche holistique pour mieux répondre aux besoins des patients et faciliter leur passage du diagnostic au traitement, puis à la prévention secondaire et au rétablissement ou aux soins continus», soutient Patrice Lindsay, directrice du changement systémique et du programme sur l’AVC, à Cœur + AVC. 

Quoi faire? 

Les personnes atteintes d’un trouble cardiaque, cérébral ou cognitif doivent s’assurer d’être examinées pour voir si d’autres maladies se développent. 

La prévention des risques est aussi importante. Ainsi l’adoption de saines habitudes de vie comme arrêter de fumer ou faire plus d’exercice sera privilégiée.