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Sélection des immigrants: malgré une fin de non-recevoir à Ottawa, François Legault reste confiant

Ottawa dit non au Québec pour des pouvoirs en immigration

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Simon Clark Le premier ministre du Québec, François Legault

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BEAUCEVILLE | Malgré une double fin de non-recevoir d’Ottawa, le premier ministre François Legault espère toujours convaincre Justin Trudeau de confier au Québec des pouvoirs en immigration et la gestion d’une déclaration de revenus unique.

Aussitôt le projet de loi jetant les bases de la nouvelle orientation que le gouvernement Legault souhaite prendre en matière d’immigration déposé, la réponse du palier fédéral ne s’est pas fait attendre.

Après avoir fermé la porte à la possibilité de céder au Québec le traitement d’une éventuelle déclaration de revenus unique, le gouvernement Trudeau refuse maintenant que le Québec impose ses conditions aux nouveaux arrivants pour obtenir la résidence permanente, comme la ville où emménager en fonction des besoins de main-d’œuvre.

« Plus d’analyse sur le projet de loi 9 est nécessaire, mais de prime abord, nous ne sommes pas favorables à la réintroduction de la résidence permanente conditionnelle », a signalé le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.

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« On parle de conditionner une résidence permanente, un processus qui n’existe nulle part au Canada présentement, a réagi à son tour le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos. [...] Ça va d’ailleurs à l’encontre de l’accord qui existe déjà entre les deux niveaux de gouvernement. [...] Il va y avoir une conversation très franche. »

Un prix politique à payer

« Je garde bon espoir que M. Trudeau va accepter, puis ce n’est pas quelque chose de nouveau », a réagi M. Legault, en rappelant que sa proposition en matière d’immigration s’est retrouvée au cœur de la dernière campagne électorale québécoise.

« On a eu un mandat fort en faisant cette proposition », a soutenu M. Legault, en marge d’une annonce à Beauceville.

Le chef caquiste a souligné qu’il s’agit d’abord et avant tout de rapatrier des pouvoirs dans la sélection des nouveaux arrivants, qu’Ottawa a déjà confiés au Québec en 1993, sous Robert Bourassa.

Il accuse son prédécesseur, Philippe Couillard, et l’ex-ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, d’avoir cédé ce pouvoir à Ottawa.

« Donc on veut ravoir un pouvoir que le Québec avait. Il me semble qu’il devrait y avoir un consensus », a dit M. Legault, en réclamant l’appui de tous les partis à l’Assemblée nationale.

« Si M. Trudeau nous empêche d’arriver à cet objectif, il va payer un prix politique », a prévenu une fois de plus M. Legault.

— Avec la collaboration d’Émilie Bergeron et Guillaume St-Pierre