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Jean-François Blais: un nouveau grand manitou

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Jean-François Blais

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Jean-François Blais s’est mis en mode La Voix en juin dernier, 24 heures après avoir accepté d’en prendre les commandes. Une fois le choc absorbé, l’ex-réalisateur d’En direct de l’univers a entamé un blitz de visionnement des différentes adaptations du format d’origine hollandaise.

Durant cette longue séance de binge-watching, le nouveau réalisateur et producteur associé du populaire concours de chant de TVA s’est tapé les versions britannique, allemande, australienne, mexicaine, polonaise et américaine. « Je connaissais La Voix, mais je n’étais pas un téléspectateur assidu, reconnaît le successeur de Stéphane Laporte. J’ai donc passé mon été à regarder tout ce qui se faisait dans le monde. »

Jean-François Blais s’est prêté à l’exercice pour s’imprégner des diverses moutures et amener leurs meilleurs éléments au Québec. C’est ainsi qu’est arrivé le bouton de blocage. Ajouté aux fauteuils rotatifs de The Voice aux États-Unis, au printemps 2018, ce nouveau dispositif permet aux coachs d’empêcher un autre coach de recruter un candidat lors d’une audition à l’aveugle. L’automne dernier, ce bouton a notamment permis à Miley Cyrus de bloquer Jennifer Hudson pour recruter une jeune chanteuse soul qui serait naturellement allée vers l’ancienne finaliste d’American Idol. Au Québec, Lara Fabian pourrait s’en servir pour maximiser ses chances de recruter un rockeur, un type de concurrent généralement intéressé à poursuivre sa route dans l’équipe d’Éric Lapointe.

« C’était un incontournable, affirme le ressortissant de Yamachiche, en Mauricie. Ça apporte une twist que j’aime beaucoup. »

Du vrai, du fun

Ce gadget permettra également au réalisateur d’exploiter davantage les moments de complicité entre coachs, un élément sur lequel il désirait mettre l’accent cette saison. Jean-François Blais promet d’inclure encore plus d’extraits qui montreront comment Lara Fabian, Marc Dupré, Alex Nevsky et Éric Lapointe se comportent durant les temps d’arrêt, entre deux auditions ou numéros.

« C’est ce que j’appelle affectueusement des moments de small talk. On peut les voir interagir, parler au public, se raconter des histoires de jeunesse... Ce sont des moments totalement improvisés qu’on capte. »

C’est après avoir visionné The Voice britannique que Jean-François Blais a partagé son désir de mettre ces segments en ondes. « Au Royaume-Uni, on sent que will.i.am (des Black Eyed Peas) est près des gens. On voit même Tom Jones se mettre à chanter pour répondre aux demandes spéciales du public en studio ! Il faut laisser ces moments exister. Les coachs ont déjà un micro. Il faut en profiter. Depuis le début, je dis à tout le monde : “Ce que je veux, c’est du vrai, c’est du fun.” C’est ce qu’on essaie de faire. »

Avec sagesse

La Voix reprendra l’antenne transformée... mais pas trop, indique Jean-François Blais. Après six saisons, l’émission avait besoin d’un coup de fouet, mais pas d’une refonte complète.

« J’ai abordé ce chapitre avec sagesse, étape par étape... L’idée, ce n’était pas d’arriver avec mon bulldozer en disant : “Tassez-vous, j’arrive !” Parce qu’il faut respecter le public. Il faut l’amener tranquillement vers autre chose. »

En plus d’introduire le bouton de blocage, Jean-François Blais a retravaillé l’habillage infographique de l’émission. Les décors ont également été revampés. Pour ajouter un peu de chaleur à l’ensemble, il s’est adjugé les services de Cynthia Coulombe Bégin, une artiste contemporaine. Cette dernière a notamment peint quatre portraits géants des coachs qui seront bien en vue.

Des effets spéciaux

L’arrivée des candidats aux auditions a été revue et corrigée. Des effets spéciaux viendront agrémenter le segment. À défaut de voir les concurrents fouler un tapis rouge peu glamour à l’extérieur des studios Mels à Saint-Hubert, les téléspectateurs les verront dans des environnements changeants, comme s’ils étaient sur l’île Sainte-Hélène.

« Des fois, il neige, des fois, il pleut. On voit Montréal derrière. C’est magnifique », commente le grand manitou, âgé de 47 ans.

Une tâche « colossale »

La Voix s’ajoute à une longue liste de projets de premier plan réalisés par Jean-François Blais. Sa feuille de route comprend plusieurs cérémonies de remise de prix (Gémeaux, Artis, Olivier, ADISQ) et talk-shows (Chabada, Le Grand blond avec un show sournois, L’Écuyer, Morency et Belle et bum).

« Pour La Voix, je m’attendais à ce que la tâche soit colossale... et c’est pire que ça ! lance le spécialiste du direct. C’est beaucoup d’heures. J’ai beaucoup de respect pour ceux qui ont fait ça durant toutes ces années.

C’est beaucoup de travail, mais j’ai beaucoup de plaisir. Ce défi arrive à point dans ma vie. »


► La Voix revient à TVA dimanche à 19 h.