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L’art de chanter la Renarde

La Renarde, sur les traces de Pauline Julien
Photo courtoisie, Éric Carrière Le spectacle-hommage compte 14 interprètes sur scène dont Fanny Bloom, Erika Angell, Queen Ka, Sophie Cadieux, France Castel, Klô Pelgag et Isabelle Blais.

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Vingt ans après son décès, Pauline Julien est plus vivante que jamais. Un documentaire et un spectacle-hommage, un des moments forts des dernières Francofolies, l’ont ramenée à l’avant-plan l’an dernier.

Et voilà que la douzaine de voix féminines derrière le spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien remettent ça.

Au menu, un album et une tournée québécoise. Le Journal s’est entretenu avec l’instigatrice du projet, Ines Talbi, et une grande amie de celle qu’on surnommait « la pasionaria », Louise Latraverse.

Comment s’est faite la mise en musique des chansons de Pauline Julien pour l’album ? Il semble y avoir eu un souci de leur donner une touche contemporaine.

(IT) – « Nous avons travaillé avec Martin Léon. Il nous a emmenées dans des zones auxquelles on n’aurait pas pensé. Par exemple, pour La Manic, qui commence a capella, de façon plutôt théâtrale, je n’aurais pas pensé la confier à Fanny Bloom. J’aurais plutôt pensé à une comédienne. »

Quelle a été la chanson qui vous a donné le plus de fil à retordre ?

(IT) – « L’âme à la tendresse. C’était notre bête noire. Vu que les gens l’aiment beaucoup, nous étions obligés de la mettre, mais il fallait l’amener ailleurs sans trop la dénaturer. Le squelette de cette chanson est tellement étrange dans ses arrangements et sa construction d’accords qu’on peinait à trouver ce qu’on allait changer et où. C’est une des premières qu’on a commencées et, finalement, une des dernières qu’on a terminées. »

Après avoir plongé dans son répertoire, regrettes-tu de ne pas avoir connu Pauline Julien de son vivant ?

(IT) – « Je me suis posé la question et je pense que non. Cette non-rencontre, à mon avis, va faire en sorte que ma quête ne va jamais cesser. Si je l’avais rencontrée, peut-être aurait-elle répondu à toutes mes questions. »

Quand le projet a pris naissance en 2018, tu mentionnais dans des entrevues qu’elle avait sombré dans l’oubli. Sens-tu que le spectacle a eu un impact et que des gens la redécouvrent ?

(IT) – « Je ne serais pas à l’aise de prôner que je suis celle qui l’a remise sur la mappe. Il y a eu d’autres projets aussi. Mais quand sa fille m’a remerciée lors du spectacle de la manière qu’on l’avait ramenée, mon travail était fait. »

Louise Latraverse, vous qui avez été très proche de Pauline Julien, comment avez-vous reçu la proposition d’Ines Talbi quand elle vous a approchée pour participer à La Renarde ?

(LL) – « C’était le temps qu’on parle de Pauline. Et effectivement, au cours de la dernière année, il y a eu beaucoup de spectacles autour d’elle. On se disait tous ce que ce n’était pas normal qu’on ne reprenne rien de son travail. »

Quand on réécoute ses chansons, on se rend compte à quel point elle était avant-gardiste...

(LL) – « C’était une féministe qui vivait avec un homme [l’écrivain et politicien Gérald Godin] qui l’était aussi. Ils avaient tous les deux un grand sens de la liberté. »

Que penserait-elle, d’après vous, de cet hommage que vous lui rendez en musique ?

(LL) – « Elle serait ravie. Ines a fait un travail remarquable. Personne n’a essayé de faire une Pauline Julien d’elle-même, tout le monde arrive avec sa personnalité de façon très créative. Ça se fait dans la douceur, au contraire de Pauline qui était une fille plus hachurée avec un fort tempérament. »

Ça vous a fait quoi de replonger là-dedans ?

(LL) – « C’est très émouvant. Gérald est le parrain de mon fils, on a passé des années ensemble au carré Saint-Louis, on a voyagé, il y a eu toutes ces fêtes, forcément ça remue toutes ces années excitantes. »


►L’album La Renarde, sur les traces de Pauline Julien est en vente le 8 février. Avec les voix de Louise Latraverse, Ines Talbi, Amélie Mandeville, Erika Angell, Queen Ka, Fanny Bloom, Émilie Bibeau, France Castel, Isabelle Blais, Klô Pelgag, Sophie Cadieux et Frannie Holder.

Le spectacle sera présenté le 21 février, au Théâtre Outremont, à Montréal, et le 22 février, au Grand Théâtre de Québec.