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90 jours de prison pour «un crime de compassion»

Il a tenté de mettre fin aux souffrances de son père

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Un homme qui a tenté d’étouffer son père en fin de vie avec une couverture pour «abréger ses souffrances» a écopé d’une peine de prison discontinue de 90 jours. 

En avril 2015, le jour même où sa mère décède, le père de Ghislain Abel est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu de Lévis alors que sa mort est «imminente». Une hospitalisation également survenue quelques jours seulement après la perte de son beau-père. 

Six jours plus tard, Ghislain Abel culpabilise de voir son père de 80 ans souffrir après avoir lui-même pris la décision de cesser toute alimentation et autorisé l’administration de morphine. 

Confronté 

L’homme de 54 ans est surpris par une infirmière qui retrouve une couverture en flanelle pliée en rectangle sur le visage de Louis Maurice Abel. L’accusé dit pourtant que «ça va bien». 

«La couverture est déposée de façon à nuire à sa respiration et mettre sa vie en danger», dira l’enquête. 

Questionné par l’infirmière, Ghislain Abel dit finalement : «Je ne suis plus capable de voir mon père de même, ça fait une semaine, pouvez-vous me comprendre?» 

Averti par le personnel, un agent se présente sur place et confronte l’accusé qui ajoute : «Je suis tanné de voir mon père souffrir [...] je ne suis pas un criminel.» 

L’observation du patient montre alors «une enflure en développement, ce qui implique nécessairement qu’une certaine pression avait été exercée sur son visage, plus particulièrement sur son nez». 

Toutefois, le geste criminel de l’accusé n’a «joué aucun rôle» sur la mort de M. Abel père, décédé trois jours plus tard. 

Son fils avait entre-temps été arrêté pour tentative de meurtre avant que l’accusation soit modifiée pour voie de fait grave mettant la vie en danger. 

Décision émotive 

Selon le juge Jean Asselin, le crime de Ghislain Abel en est un de «compassion». «Le comportement est le résultat d’une décision émotive, mal avisée et le réflexe d’une erreur de jugement», estime le magistrat. 

Le contexte difficile en raison de la mort de sa mère et de son beau-père «atténue sa culpabilité morale» selon le juge qui parle d’un «cas rare et singulier». 

Ainsi, une peine de 90 jours discontinue a été imposée à Abel. Il devra aussi faire 200 heures de travaux communautaires et faire un don de 3000 $.