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Il y a eu «voies de fait à mon endroit»

Parent dit s’être senti menacé lors de son arrestation

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 Lors d'un interrogatoire d'environ une heure, l'avocat Jean-Roch Parent a été questionné par le sergent Martin Genest, le 4 mai 2017, après son arrestation pour entrave et menace contre deux policiers. Ci-dessus un montage d'extraits de l'interrogatoire déposé en preuve au procès lundi. 

 Si l’avocat Jean-Roch Parent a lancé à un policier qui l’interceptait qu’il allait le «cogner», c’est parce que l’agent de la Sûreté du Québec (SQ) avait commis « des voies de fait » à son endroit et qu’il s’est « senti attaqué », a soutenu l’accusé lors de son interrogatoire policier. 

 Au jour 6 du procès de Parent devant jury pour entrave, menace et intimidation contre deux agents de la SQ, la Couronne a présenté la vidéo de l’interrogatoire lors duquel l’avocat mis en état d’arrestation est rencontré par le sergent Martin Genest. 

 « Les policiers ont commis des voies de fait à mon endroit », dit Parent en s’adressant directement à la caméra. Il raconte qu’il a refusé de déplacer sa voiture TransAm 1980 sur le trottoir « pour ne pas la briser » lorsqu’il a été intercepté par Damien Bélanger le 4 mai 2017 sur l’autoroute Dufferin-Montmorency, pour non-respect d’une voie réservée. 

 « Il m’a poussé dans le dos » 

 Qualifiant les policiers de « menteurs », il argue que contrairement aux dires de l’agent Bélanger, il s’est identifié quand il le lui a demandé. « Je suis sorti du véhicule comme il me l’a demandé et son collègue [Bruno Turgeon] est arrivé derrière moi. Il m’a poussé [dans le dos]. Je me suis retourné et j’ai dit : “T’as pas le droit de faire ça, c’est une voie de fait. Si tu le refais, je vais me défendre et je vais te cogner” », a soutenu Parent. 

 Il ajoute alors qu’il veut porter plainte contre l’enquêteur et les agents « pour voies de fait et séquestration », clamant qu’il veut être libéré sur-le-champ. Il affirme aussi que l’agent Turgeon a été « injurieux » et « menaçant » dans l’autopatrouille. 

 Informé par l’enquêteur du chef d’intimidation porté contre lui, Parent affirme avoir dit au policier Turgeon qu’il n’aurait « pas de répit », qu’il allait le poursuivre « au civil, en déonto, au criminel ». « Depuis le début, vous me mentez, me mettez dans des conditions complètement illégales, tout ça pour cautionner une intervention faite tout croche par Bruno Turgeon », lance-t-il. 

 « Police de marde » 

 « Je me suis senti attaqué [...]. C’est quoi le problème, il l’a fait où sa technique policière ? » poursuit l’avocat arrêté, qui répond à l’enquêteur avoir toujours collaboré. « Oui, c’est eux autres qui collaboraient pas, c’est ça qui m’écœure. Est* de cr** de police de marde, j’ai travaillé quinze ans avec vous autres, tabarn** », peste-t-il. 

 « Je suis pas violent, j’ai jamais frappé personne. Mais me faire pousser dans le dos par un policier, j’ai trouvé ça ordinaire. J’ai pogné les nerfs, je l’admets, mais pour moi ça se faisait pas. Je suis pas une mauvaise personne, je suis pas un détraqué non plus [...]. » La Couronne a clos sa preuve. Le procès se poursuit mardi.