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Des drones-hélicos «faits au Québec»: la US Navy en redemande

Des drones-hélicos «faits au Québec»: la US Navy en redemande
Photo coutoisie U.S. Navy

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La Marine américaine est tellement satisfaite de ses drones-hélicoptères MQ-8C développés à partir de cellules de Bell-407 fabriqués au Québec qu’elle vient, le 31 janvier dernier, d’en commander cinq supplémentaires qui s’ajoutent aux 19 déjà achetés. La US Navy prévoit acquérir un total de 96 MQ-8C. Il s’agit des premiers drones-hélicoptères véritablement opérationnels de l’histoire de l’aviation militaire.   

Les cellules de ces hélicos sans pilote assemblées à Mirabel sont ensuite complétées par Northrop Grumman aux États-Unis.

Il ne faut pas confondre le MQ-8C avec son prédécesseur malheureux le MQ-8B, un appareil plus petit développé à partir d’une cellule de Schweizer 333. Ce drone-hélico avait subi des déconvenues accablantes, dont des crash en Libye et en Afghanistan dans des missions opérationnelles expérimentales. Un autre s’était écrasé en mer au large de l’Afrique après avoir été incapable de se poser sur le navire d’où il avait décollé.    

En 2010, un drone Schweizer 333 avait créé tout un émoi en violant l’espace aérien interdit autour de Washington lors d’un vol d’essai. Des F-16 s’apprêtaient à l’abattre quand, heureusement, ses pilotes terrestres de la station aéronavale Patuxent River au Maryland, d’où il avait décollé, avaient réussi à en reprendre le contrôle.

Après les pilotes d’avions de combat remplacés par des drones, ce sont maintenant des pilotes d’hélicos militaires qui vont devoir se reconvertir en «opérateurs de manettes» au sol devant des écrans. Aux États-Unis, c’est la marine américaine qui est à la fine pointe du programme. Et c’est un hélicoptère civil construit à Mirabel le Bell-407 (plus de 1600 exemplaires vendus) qui est au cœur du projet.

Le drone-hélico MQ-8C, avec une impressionnante autonomie de vol de 8 heures, a la capacité de décoller et d'atterrir de manière entièrement autonome sur tout navire possédant une plate-forme appropriée. L’aéronef sans pilote est affecté à des missions de renseignement avec capacité d’acquisition/désignation-laser d'objectifs et de gestion de combats tactiques.     

La Marine américaine envisage d’armer ses MQ-8C avec le système de tir APKWS (Advanced Precision Kill Weapon System). Cette technologie transforme une roquette non guidée standard de 70 millimètres en missile en y incorporant un système de guidage laser semi-actif. Le drone-hélico pourrait être armé de 14 APKWS dans deux lanceurs de sept tubes.

Le MQ-8C est destiné à être embarqué à bord des Littoral Combat Ships (LCS) les nouvelles frégates légères furtives de la US Navy. C’est le commandement pour l’Afrique du Pentagone (AFRICACOM) qui a fait une requête urgente pour les MQ-8C supplémentaires.

Et, ce qui est encore plus intéressant, l’armée américaine évalue actuellement le MQ-8C qui pourrait devenir son premier drone-hélicoptère opérationnel. Des ventes potentielles significatives de cellules de Bell-407 en perspective.

Lorsque j’ai contacté la responsable des communications de Bell Mirabel, Patricia Bergeron, elle a refusé de commenter l’information comme elle l’avait fait l’automne dernier quand la Defense Security Cooperation Agency à Washington avait annoncé l’intention de l’Irak d’acquérir cinq nouveaux Bell-407 militarisés (IA-407) pour remplacer les sept perdus dans des combats contre l’État islamique au coût 107 millions de dollars canadiens.

La cellule de l’hélicoptère assemblée à Mirabel est ensuite transportée au siège de Bell Hélicoptère au Texas pour être «militarisée». Le IA-407 est doté de mitrailleuses de calibre 50 et 7,62 mm et de lance-roquettes de 70 mm. Une trentaine de Bell-407 militarisés opèrent présentement en Irak. Je révélais en exclusivité dans Le Journal de Montréal en décembre 2014 que c’était en partie grâce à ces Bell-407 militarisés que l’armée irakienne avait réussi à arrêter l’avance des forces de l’État islamique vers Bagdad.