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Profession : femme de coin

Profession : femme de coin
COURTOISIE

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MONTRÉAL – Parfois, le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. L’adage s’applique parfaitement à la situation de la boxeuse Sara Kali, qui agit comme femme de coin pour sa meilleure amie, Kim Clavel.

Huit fois championne canadienne amateur chez les 64 kilos, Kali a été parachutée dans l’univers de la boxe professionnelle en raison d’une dispute entre Stéphan Larouche et la direction d’Eyeof the Tiger Management (EOTM), qui représente Clavel.

«Compte tenu de la situation dans laquelle se retrouvait Kim, Danielle [Bouchard] m’a demandé si je voulais travailler avec elle dans le coin. Comme c’est quelque chose qui nous intéressait Kim et moi, j’ai sauté sur l’occasion», a expliqué Kali lors d’un entretientéléphonique.

Danielle Bouchard, c’est l’entraîneuse de Clavel et de Kali, mais également la conjointe de Larouche. En raison de la dispute, la femme d’expérience a perdu ses deux hommes de coin. Elle s’est tournée vers Kali.

«Kim, c’est ma partenaire dans le gymnase. On se connaît depuis l’âge de 16 ans, ce qui correspond au moment où nous avons commencé à boxer. On est devenues des meilleures amies en raison de la boxe.»

«C’est important d’avoir quelqu’un de familier à tes côtés. Je connais Kim comme le fond de ma poche, on n’a pas besoin de se parler pour se comprendre. Je dois également être la deuxième paire d’yeux de Danielle.»

Profession : femme de coin
COURTOISIE

Une inspiration pour les femmes

Kali et Bouchard sont accompagnées de l’ex-boxeuse Nathalie Forget dans le coin de Clavel. Un trio 100 % féminin est une rareté dans le milieu de la boxe.

«On a une "coach" féministe! Elle veut avoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’univers de la boxe. C’est plaisant d’être une équipe de femmes et de pouvoir montrer aux autres femmes que c’est possible d’évoluer dans ce monde, qui est encore uneaffaire de gars.»

La décision audacieuse de Bouchard a grandement influencé Kali. «Jamais je n’aurais pensé devenir "coach". [...] Grâce à l’appel de Danielle, j’ai découvert une véritable vocation et j’espère un jour être à sa place.»

Aucun intérêt pour la boxe professionnelle

Si l’aventure dans le coin de Clavel a ravi au plus haut point la boxeuse de 27 ans, elle lui a également confirmé qu’elle ne boxera jamais au niveau professionnel.

«Ce n’est vraiment pas quelque chose qui m’intéresse. Depuis que je travaille dans le coin de Kim, je vois que la boxe professionnelle est vraiment une autre "bibitte". Les risques sont tellement intenses. J’ai beaucoup de respect pour Kim, elle est courageuse.»

«À la boxe pro, un seul coup de poing peut faire la différence. Chez les amateurs, il y a le système des points, les gants sont plus gros et on a des casques. Tout ça joue pour moi et je ne pense pas être faite pour le niveau professionnel.»

Un rêve déchu?

«Mon objectif ultime, c’est les Jeux olympiques, mais malheureusement, pour le moment, ce n’est pas possible.»

La catégorie de Kali (64 kg) n’est pas au programme olympique. Pour les Jeux de 2020 à Tokyo, le Comité olympique international a choisi de présenter trois catégories, soit les 57, 69 et 75 kg.