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En grève pour le climat?

MARCHE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Photo d'archives

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Le 15 mars prochain, dans un mois, plusieurs milliers d’étudiants québécois entendent faire la grève pour lutter contre les changements climatiques. Ils s’inscriront dans une mouvance venue d’Europe. L’objectif ? Forcer le gouvernement à adopter un « plan ambitieux » pour lutter contre les changements climatiques.

Pour plusieurs, le premier réflexe est d’applaudir. Quelle belle preuve d’engagement de la jeunesse, non ?

Les choses ne sont pas si simples. Cet appel à la grève est bien moins évident qu’il n’y paraît.

Certes, la lutte contre les changements climatiques est essentielle. Elle repose sur un principe simple : il faut s’assurer que la planète demeure habitable pour l’humanité.

Pour que cette dernière ne soit pas condamnée à basculer dans le simple mode survie, elle doit faire ce qu’elle peut pour éviter un dérèglement climatique majeur.

Mais que veulent nos futurs grévistes, plus exactement ? Car à ce qu’on en sait, ce n’est pas exactement au Québec que se décide l’avenir climatique de la planète. Nous aurions beau réduire notre activité économique et notre consommation d’énergie de façon draconienne, le poids du Québec, à l’échelle globale, est insignifiant. Il y a des limites à imaginer que nous portons sur nos épaules le sort du monde entier.

Ajoutons que nous sommes plutôt exemplaires en matière environnementale.

Le Québec aurait beau s’abolir au nom de la planète, cela ne changerait rien à son sort. Nous aurions beau retourner à l’âge de pierre pour sauver la planète entière, personne ne le saurait vraiment.

Qu’on le veuille ou non, c’est en Chine, en Inde et aux États-Unis que cette révolution aura lieu. On peut être écologiste et réaliste.

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Grève morale

Qu’il faille chacun d’entre nous transformer nos habitudes de vie pour améliorer notre coin de planète, tous en conviennent. D’autant que la surconsommation nord-américaine est absurde.

Mais que devrait faire le gouvernement du Québec, selon nos futurs grévistes, pour sauver le monde ?

Cette grève est plus morale que politique. Les étudiants pourraient bien faire la grève pendant des semaines, et même des mois, et pourquoi pas des années, à moyen terme, ils ne sauraient pas s’ils ont gagné ou perdu.

Cet écologisme serait plus sérieux, à la rigueur, s’il poussait à la rupture avec le Canada pétrolier. Mais nos écologistes les plus militants ont souvent tendance à décréter que la lutte contre les changements climatiques est tellement importante qu’elle relativise tous les autres enjeux.

Le nationalisme n’a pas souvent bonne presse chez eux. La seule représentation du collectif qui leur semble valable, c’est l’humanité entière, comme si s’occuper d’abord de son coin du monde relevait d’un terrible égoïsme.

Réalisme

Il y a aussi derrière cela quelque chose comme un non-dit. Chaque génération cherche sa cause. Elle se cherche un motif de mobilisation qui justifiera une grande exaltation collective, qui permet de battre le pavé avec des slogans emportés.

Il n’est pas interdit de penser que cette grève ait quelque chose à voir avec cela.