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J.E.: des parents en colère contre Hockey Québec

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Il se joue 300 000 matchs de hockey mineur au Québec chaque année. Même dans les catégories les plus récréatives, des parents ne jurent que par la victoire. Certains vont même jusqu'à faire pression en groupe sur les entraîneurs pour exclure un jeune joueur moins talentueux afin de remporter plus de parties.

 

L'ambiance dans les gradins est devenue si problématique que Hockey Québec a publié lundi un guide pour raisonner les parents. Mais pour plusieurs, c'est loin d'être suffisant. 

«On veut qu'il y ait des sanctions plus sévères contre les parents fautifs», lance Nicole Vincent, mère de Louis-Charles Davignon, un gardien de but qui garde un goût très amer de sa saison 2017- 2018. Des parents se sont ligués pour qu'il soit exclu d’une équipe bantam B, la plus basse des catégories, sur la Rive-Sud de Montréal. 

Exaspérés, les Davignon ont enregistré des commentaires désobligeants formulés par des parents d'autres joueurs pendant les tournois de leur équipe.    

«On est écœurés, peut-on entendre dans l’un de ces extraits. Clairement. On est écœurés de perdre, surtout quand c'est des tournois. On paie, ost**. On paie, ost**, pour gagner.» 

Poursuite

De la tension, de l'intimidation directe ou indirecte, plusieurs jeunes joueurs en sont malheureusement victimes. «Nos droits ont été bafoués! On demande justice, car Hockey Québec n'a pas protégé notre enfant», affirme Daniel, un père de joueur pee-wee C de Beauharnois qui poursuit aujourd'hui Hockey Québec, Hockey Lac-St-Louis et Hockey Beauharnois pour 294 000 $. 

«On voulait simplement savoir pourquoi notre fils n'était pas devant les buts. Finalement, on a appris que des parents de l'équipe ont fait une pétition pour que ce soit l'autre gardien à la finale du tournoi, simplement parce que notre fils avait raté un match!» relate le père exaspéré par la tournure des événements. 

Son fils a abandonné le hockey. Déprimé, il en a perdu l'appétit et a dû être soigné pour des troubles anorexiques. «C'est de l'exclusion. Imaginez comment il a pu se sentir!» 

J.E. a questionné le président de Hockey Québec sur les processus de gestion de plaintes dans l'organisation. 

«Est-ce qu'on est parfaits? Je ne vous dirai pas ça aujourd'hui, lance Paul Ménard, président de Hockey Québec. Avec notre nouveau guide de gestion de cas, on espère réduire les comportements inacceptables impliquant des parents.» 

M. Ménard défend son organisation, qui gère des milliers de bénévoles. «La structure actuelle de la fédération assure un bon encadrement aux jeunes et aux parents qui se sentent lésés. Et, oui, si c'est nécessaire, on peut sanctionner des parents, mais on commence par de la sensibilisation et de l'encadrement.» 

Ne manquez pas l'émission J.E.dès 21 h jeudi soir sur les ondes de TVA.