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Commissions scolaires: au bistouri!

caucus CAQ
Photo d'archives, Simon Clark Jean Francois Roberge

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La CAQ a de grandes ambitions pour changer des choses en matière d’éducation. En ce début de mandat, nous entendons toutes ces annonces. Cette semaine, le ministre Roberge a imposé des récréations obligatoires et déposé son projet de loi sur les maternelles 4 ans.

L’éducation est difficile à changer. Un énorme réseau dirigé par des fonctionnaires ayant déjà leurs propres idées. Des syndicats d’enseignants réfractaires aux changements, même à ce qui semble faire l’unanimité. Par-dessus tout, des commissions scolaires servent d’intermédiaires entre les décisions et leur implantation dans le réseau public.

Dans le cas de la CAQ, le portrait est encore plus compliqué. Pourquoi ? La CAQ veut faire beaucoup de changements et la CAQ a les commissions scolaires complètement à dos. Je vous rappelle que François Legault a promis de mettre la hache dans les élections scolaires et d’éliminer les commissions scolaires dans leur forme actuelle.

Ce n’est pas un mince obstacle que d’avoir comme ennemis ceux qui doivent servir de courroie de transmission pour vos décisions. Évidemment, en théorie, les représentants des commissions scolaires nous diront qu’ils travaillent main dans la main avec le gouvernement dans l’intérêt supérieur des enfants.

Des exemples

Dans les faits, les exemples de non-collaboration s’accumulent. Lorsque la CAQ a voulu avoir un simple portrait du nombre d’enseignants portant un signe religieux, les commissions scolaires se sont dites outrées. On comprend le piège. Si le ministre pose la question, il est odieux. S’il ne la pose pas, on dira qu’il est un incompétent irresponsable qui pose des gestes sans même avoir un portrait de la situation.

Plus tard, nous avons finalement su que l’ancien gouvernement avait posé exactement la même question l’an dernier. Curieusement, les commissions scolaires n’avaient pas crié au scandale ni même ébruité l’affaire.

Dans le cas des maternelles, les commissions scolaires mettent plus l’emphase sur les nombreux « obstacles » que sur les bénéfices du projet. En résumé, il est en train de se passer une chose normale et prévisible. Les commissions scolaires voient la CAQ comme une menace. Elles n’ont surtout pas le goût de devenir ses alliées d’une réussite des projets de la CAQ.

Hier, elles ont réclamé 1,6 milliard dans le prochain budget, une somme si grosse qu’elle annonce déjà leur déception lorsque le budget sortira. De toute évidence, les commissions scolaires sont susceptibles de mettre les bâtons dans les roues de tous les projets du gouvernement. Danger.

Pourquoi attendre ?

Conseil pour le ministre de l’Éducation : je ne retarderais pas inutilement le moment de donner le grand coup à la réforme des commissions scolaires. Il se fera dire que c’est trop de changements à la fois, le chaos. Personnellement, je crois qu’il vaut mieux opérer les grandes transformations en début de mandat, quitte à apporter les ajustements ensuite.

Si la CAQ est sérieuse dans sa volonté de réformer en profondeur la structure des commissions scolaires, il n’y a pas de raison d’attendre et de laisser les autres projets être sabotés. Sortez le bistouri !