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Les avionneurs planent en bourse

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Q. Airbus abandonne son A380 et Bombardier est enfin profitable. Doit-on investir dans les principaux avionneurs ?


R. Restez sur vos gardes.

La flotte mondiale d’avions civils doublera d’ici 20 ans, soit 37 390 avions neufs de passagers et cargos, selon Boeing. Mais l’industrie des avionneurs est reconnue pour ses cycles brutaux.

Boeing (BA)

Le carnet de plus de 900 commandes déborde. La cadence de production de ses populaires modèles 737 et 787 augmente, ce qui hausse la profitabilité. Mais les problèmes d’approvisionnement persistent, notamment chez le producteur de moteurs CFM International (coentreprise GE et Safran).

La marge d’opération de Boeing dans le lucratif marché des avions commerciaux est passée de 9,4 % en 2017 à 13 % en 2018 et pourrait atteindre 15 % en 2019. Sa filiale d’avions d’affaires BCA fut quant à elle responsable des deux tiers des revenus de 12 milliards $ US de Boeing en 2018. En trois ans, l’action a explosé de 270 %. Le dividende est généreux (8,22 $) et le cours/bénéfice correct (23,03).

Airbus (EADSY)

Les passagers l’adorent, mais Airbus a pourtant annoncé la fin de la production du A380 pour 2021, consacrant le plus important échec de l’histoire de l’aéronautique. Car le A380 coûte cher à l’achat (445,6 M$ US) et en vol (un trajet de 12 heures coûte 20 % de plus qu’avec un Boeing 777-300 ER pour 100 sièges supplémentaires).

Le carnet de commandes d’Airbus compte tout de même près de 800 avions. Mais plusieurs enquêtes pour corruption ont été lancées en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Inde. Airbus risque des milliards d’amendes, mais dispose de plus de 12 G$ CAN dans ses coffres...

Par contre, Delta vient de commander 15 autres A220 (l’ex-CSeries), qui s’ajoutent aux 75 commandes initiales. Delta va peut-être remplacer ses vieux Boeing 717 et ses A319 par de rutilants A220-300... Le ratio C/B est élevé (27,70) pour un rendement très ordinaire (1,59 %).

Bombardier (BBD-B.TO)

Donc, Bombardier a (enfin) renoué avec la rentabilité au quatrième trimestre, avec un profit net de 55 M$ US, comparé à une perte de 188 M$ US l’an dernier.

Le flux de trésorerie est à 1,04 G$ US, contrairement aux 896 M$ US espérés par les analystes. Le redressement tant attendu se réalise, malgré les problèmes de qualité dans de nombreux contrats ferroviaires sur plusieurs continents.

Bombardier a un immense avenir dans le marché des avions d’affaires, notamment avec le Global 7500. La vente de la CSeries à Airbus et les suppressions de postes récentes allègent fortement le bilan. Analystes et gestionnaires de fonds considèrent le titre sous-évalué par rapport à son potentiel. On verra.


Les informations publiées dans cette chronique ne  constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.


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