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Pas toujours facile de choisir entre Investir dans le REER ou dans le CELI

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Entre le REER et le CELI, il n’est pas toujours facile de savoir où investir. « La réponse n’est jamais simple, explique André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse. Il y a beaucoup d’éléments à considérer avant de déterminer la meilleure stratégie. » Voici trois cas décortiqués qui vous donneront des pistes de solutions.

1. STÉPHANE, 23 ANS

Il vient de décrocher son premier emploi. Son salaire est de 38 000 $ par année, mais il pourrait augmenter de façon significative d’ici trois ou quatre ans. Il souhaite rembourser ses dettes d’études rapidement, mais voudrait en même temps commencer à épargner. REER ou CELI ?

Payer ses dettes est toujours la meilleure option. Mais avant de rembourser son prêt étudiant, Stéphane devrait prioriser ses autres dettes s’il en a, comme de rembourser le solde de sa carte de crédit. « Les intérêts payés sur les prêts étudiants étant déductibles d’impôt, c’est une dette qui ne coûte pas trop cher », explique Pierre-Raphaël Comeau, conseiller expert en gestion de patrimoine chez Gestion privée Banque Laurentienne.

Selon lui, le CELI est un bon véhicule pour commencer à épargner. « Le REER deviendra intéressant lorsque son salaire va augmenter, le retour d’impôt sera alors plus important, affirme André Lacasse. En attendant, il peut accumuler ses droits de cotisation. » Cela dit, tout dépend de ses projets. S’il veut devenir propriétaire dans un avenir rapproché, investir dans le REER est une bonne option. Il pourra alors profiter du Régime d’accès à la propriété (RAP) pour constituer une mise de fonds.

2. ANNICK, 46 ANS

À la suite d’une promotion, elle a presque doublé son salaire qui atteint 75 000 $. Ses projets : rénover la maison qui en a bien besoin et accroître son épargne en vue de la retraite, ce qu’elle a négligé, faute de moyens. Devrait-elle emprunter pour augmenter ses REER ?

Emprunter pour cotiser n’est pas toujours une stratégie payante. Elle est avantageuse si le prêt est remboursé dans de courts délais, mais rares sont ceux qui le font. « Il vaut mieux privilégier l’épargne systématique que de s’endetter », recommande André Lacasse. Tout dépend aussi des revenus qui seront déclarés cette année. « Si Annick vient juste d’avoir sa promotion, elle sera imposée sur son ancien salaire. Il vaudrait mieux qu’elle attende sa prochaine déclaration fiscale pour évaluer si l’emprunt peut être un véritable levier pour elle », suggère M. Comeau.

Une bonne planification financière s’impose pour elle. Jusqu’à quel point Annick a-t-elle besoin de gonfler son REER pour rattraper le temps perdu ? Un budget permettra d’établir le montant qu’elle pourra investir en fonction de ses autres obligations financières.

La maison a-t-elle besoin d’être rénovée de façon urgente ? Si oui, une marge de crédit hypothécaire pourrait être envisagée.

3. CLAIRE ET FRANÇOIS

Ils ont un revenu familial de 125 000 $. Ils ont deux enfants qui fréquentent le primaire. C’est François qui gagne le plus gros salaire (80 000 $). Claire projette un retour aux études pour changer de carrière, qu’elle financerait grâce à un petit héritage (10 000 $). Est-ce la meilleure stratégie ? Vaudrait-il mieux investir ce montant dans le REER pour bonifier ses avoirs pour la retraite ou le conserver dans un CELI pour parer aux urgences ?

Plusieurs options s’offrent au couple. Avant toute chose, il leur faut établir la liste de leurs priorités. Ont-ils des dettes accumulées ? Il serait alors payant d’utiliser l’héritage pour les éliminer ou les réduire.

Le retour aux études de Claire peut aussi être financé à l’aide du Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP). Retirer de l’argent de son REER, même si cela réduit la croissance des placements, peut valoir le coup si le nouveau diplôme permet de décrocher un emploi mieux rémunéré. Il est possible de retirer jusqu’à 10 000 $ pendant deux années consécutives. Claire pourrait aussi profiter du REEP grâce au REER de son conjoint. Les sommes empruntées doivent être remboursées au plus tard 10 ans après le retrait.

Investir l’héritage dans le REER de Claire est une autre solution envisageable. « Abaisser le revenu familial leur permettrait d’obtenir des prestations fiscales comme les allocations familiales plus importantes », explique André Lacasse. Cela pourrait faire une différence pendant que Claire est aux études.

« Ils ont de belles cartes à jouer. Il y a plusieurs options à considérer avant de choisir les meilleures stratégies », conclut Pierre-Raphaël Comeau.