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Quand la vie de rêve bascule

Christine Lamer
Photo Agence QMI, Joël Lemay Christine Lamer

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La comédienne, animatrice et romancière Christine Lamer a imaginé ce qui peut se dérouler lorsque tout commence à aller de travers dans la vie d’une auteure de best-sellers dans son nouveau livre, Le seizième roman. Syndrome de la page blanche, maladie des proches, conjoint qui déraille, fan maladif qui perd la carte : les malchances s’accumulent jusqu’à atteindre un point de non-retour.

Quelqu’un aurait-il jeté un mauvais sort à London Sydney Drake ? C’est bien ce qu’on se demande lorsqu’on découvre à quel point une existence peut basculer vite.

Christine Lamer a d’abord imaginé une vie de rêve pour son héroïne. Sa romancière à succès habite dans une maison cossue de Senneville, elle est mariée à un homme que toutes les femmes désirent et ses deux enfants sont des adultes au futur prometteur.

En plus, ses livres se vendent à coups de milliers d’exemplaires et les tournées l’entraînent dans les grandes capitales.

Tout semble parfait dans sa vie... jusqu’à ce que son monde s’écroule.

Elle n’arrive plus à écrire une ligne, son conjoint la trompe, ses parents vieillissants tombent malades et un cadavre s’échoue sur la plage privée de son domaine.

Tout à coup, elle n’a plus que des pressentiments négatifs et sa vie devient un cauchemar.

Fine observatrice

Christine Lamer a changé de registre par rapport à ses romans précédents et voulait explorer d’autres avenues à travers ce roman.

« Depuis que je fais des salons du livre, j’ai observé beaucoup. Ça m’a donné l’idée d’écrire sur la vie d’une romancière, sur le syndrome de la page blanche. Et dans les salons du livre, j’ai aussi observé qu’on entre là comme dans un moulin... », explique-t-elle, en entrevue. « J’en ai croisé, des fans finis, qui font peur. »

Pressentiments

Comme son héroïne, Christine Lamer a des pressentiments très forts. « Ça m’est arrivé souvent de me dire que j’aurais dû noter mon pressentiment. En vieillissant, je pense que je deviens méfiante. J’imagine les catastrophes qui peuvent arriver... »

Claustrophobe, elle a récemment pris le métro de Montréal pendant trois jours. Ce fut pour elle un bon défi.

« Je me disais, si je me retrouve dans un tunnel et que je ne peux pas sortir... C’est fou, penser des affaires de même ! »

Ces pensées témoignent bien que son imagination est au travail... et que le terreau est fertile pour l’écriture romanesque.

« Ça n’arrête pas ! Je suis en train d’écrire mon septième roman. J’ai passé la moitié déjà... Je m’amuse dans l’écriture autant que je peux. C’est prenant. Les personnages t’habitent. »

Christine Lamer voulait que London Sydney Drake soit une femme généreuse, qui se préoccupe du bien-être de ses proches.

« Il y a un petit peu d’elle en moi. Elle me ressemble un petit peu, par ses pressentiments. »

Système de santé

À travers toutes ses péripéties, sa romancière mise à l’épreuve doit se frayer un chemin dans le labyrinthe du système de santé, en raison de ses parents vieillissants.

« Je m’inspire de ce que j’ai vécu. La maladie à corps de Lewy, une maladie peu connue, j’en parle en connaissance de cause », dit-elle en expliquant qu’une personne de son entourage en est atteinte.

« Il n’y a rien à faire. C’est une maladie dégénérative. Il n’y a aucun médicament pour la soigner. »

Pour guérir le syndrome de la page blanche et mettre fin au cycle de la malchance, la romancière n’aura pas d’autre choix que de quitter tout — parents, mari, enfants, routine — pour aller se ressourcer au bout du monde. « Un voyage au bout d’elle-même. »

  • Christine Lamer est comédienne, animatrice et auteure.
  • Elle a joué dans plusieurs téléromans comme Marisol et L’Or du temps et personnifié Bobinette pendant plus de 12 ans.
  • Elle joue toujours pour le théâtre et écrit à temps plein.
  • Le seizième roman est son 6e roman. Elle l’a lu pour support audio.

EXTRAIT

Le seizième roman, Christine Lamer,  Éditions Hurtubise, 366 pages
Photo courtoisie
Le seizième roman, Christine Lamer, Éditions Hurtubise, 366 pages

« Depuis maintenant deux semaines, elle n’arrivait pas à se concentrer pour écrire. Sa routine ne fonctionnait plus : levée dès trois heures du matin avec un pot de thé, des fruits et un feu de cheminée pour chasser l’humidité. Puis le silence, le souffle, les émotions. Les doigts qui frôlent les touches du clavier. Et la vue exceptionnelle des premières lueurs. L’aurore chassant la nuit. Le ciel se parant d’écharpes de couleurs. Tableau inspirant. Mais depuis le retour, rien. Le syndrome de l’écran blanc. »

– Christine Lamer, Le seizième roman