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La garde partagée, c’est le meilleur des deux mondes

La garde partagée, c’est le meilleur des deux mondes

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Oui, ça me fait mal de m’avouer ça. Et c’est peut-être le plus brutal constat de ma vie de parent. Avoir mes enfants en garde partagée est la meilleure chose qui me soit arrivée comme mère.  

Quand mes enfants partent chez leur père, je suis soulagée. Puis, paradoxalement, les heures et les jours passent et mes enfants se mettent à me manquer. J’ai hâte qu’ils reviennent à la maison.  

Quand je suis en mode solo, je prends du temps pour moi, je travaille plus qu’à l’habitude, m’entraine davantage et abats les tâches plates. Résultat : je peux me consacrer entièrement à mes filles et à mon garçon quand ils franchissent les portes du foyer maternel.  

Parce qu’il est là le plus grand avantage de la garde partagée, selon moi : pouvoir se consacrer à 100% à ses enfants. Quand ils sont là, mis à part les repas et le sempiternel bordel qui s’accumule, comme un éternel recommencement, sur le plancher du salon, passer du temps de qualité avec mes enfants est ma priorité. Je ne suis plus en train de penser, pendant que je peigne les cheveux d’une barbie ou que je fais de la slime (voulez-vous qui a inventé pareille infamie qui reste pognée partout?!) avec mon plus jeune, au livre que je ne suis pas en train d’écrire ou aux textes que je dois livrer. Je sais que, quand ils auront regagné le giron paternel, je pourrai mettre les bouchées doubles et me rattraper.  

Oh, bien entendu, l’absence de mes petits se fait parfois cruellement sentir. Lorsque je vois un petit garçon de l’âge de mon fils, assis à côté de moi, au café, c’est toujours un coup de poing au ventre. Je pense à tous ces moments qu’il passe loin de moi. À cette vie qui continue à défiler sans que je puisse tenir sa petite main, moucher son nez ou essuyer ses larmes.  

Savez-vous ce qui m’a fait le plus mal? C’est quand je me suis rendu compte, quelques mois après ma séparation, que j’avais passé une journée entière sans penser à mes enfants. Je me suis sentie terriblement mal. C’était un peu comme s’ils n’existaient plus. Comme si, pendant ces jours qui s’égrainent sans eux, je vivais une existence en dehors du temps. En même temps, l’humain est bien fait. On s’adapte. J’imagine que c’est une technique que mon cerveau a trouvé pour que l’absence soit moins difficile à supporter.  

La séparation est un échec. Le plus grand de la vie de famille. On valorise tellement le modèle papa-maman-deux-enfants qu’on se sent forcément comme la pire des personnes quand on décide de mettre fin à cette unicité familiale tant fantasmée. Mais force est d’admettre que la vie de maman séparée comporte de nombreux avantages. Je peux désormais prendre du temps pour moi, souffler un peu, passer du temps avec des amis-es. Toutes des affaires que je ne faisais plus vraiment.  

N’ayons pas peur des mots : je crois qu’avant mon divorce, je nageais en plein burn-out parental. J’étais épuisée, excédée et je ne trouvais plus aucun plaisir à passer du temps avec mes trois petits. Il a fallu cette coupure pour que je me retrouve comme maman et, par le fait même, pour que je retrouve du plaisir à la dynamique familiale.  

Je savoure donc cette nouvelle liberté tout en étant parfois, oui, rongée par la culpabilité. C’est mal vu pour un parent - et pour une mère en particulier – d’avouer avoir besoin d’un break de ses enfants. Mais j’ose le dire pareil dans l’espoir que ça aidera peut-être d’autres parents à se sentir moins coupables de soupirer de soulagement quand les enfants quittent chez l’autre.  

Geneviève Pettersen coanime Les Effrontées, tous les jours de 9 h à 10 h en semaine sur QUB radio.

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