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Neige à Québec: des personnes à mobilité réduite prises «en otage»

Raynald Pelletier, qui circule en fauteuil roulant, se sent « pris en otage », car les trottoirs et les rues enneigés l’empêchent de se déplacer de façon sécuritaire dans son quartier de Vanier.
Photo Pascal Huot Raynald Pelletier, qui circule en fauteuil roulant, se sent « pris en otage », car les trottoirs et les rues enneigés l’empêchent de se déplacer de façon sécuritaire dans son quartier de Vanier.

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L’hiver exceptionnellement enneigé continue de mobiliser les équipes de déneigement aux quatre coins de la ville et complique plus que jamais les déplacements des personnes handicapées. 

C’est le cas de Raynald Pelletier qui est atteint du spina-bifida et qui circule en fauteuil roulant. L’homme demeure au Domaine du Parc Savard, à Vanier, où il se sent «pris en otage», car les trottoirs et les rues enneigés l’empêchent d’y rouler. 

«Quand tu arrives au coin de la rue, vers la descente du trottoir, ils laissent la neige là, alors tu ne peux pas descendre. Si tu veux te promener, tu es obligé d’utiliser la rue et ce n’est pas sécuritaire», déplore M. Pelletier. 

Selon lui, il est fréquent que le conducteur du véhicule de transport adapté ne soit pas capable de faire monter les usagers à bord parce que l’accès n’est pas déneigé. 

Raynald Pelletier, qui circule en fauteuil roulant, se sent « pris en otage », car les trottoirs et les rues enneigés l’empêchent de se déplacer de façon sécuritaire dans son quartier de Vanier.
Photo Pascal Huot

L’homme et d’autres résidents à mobilité réduite du Domaine du Parc Savard ont été confinés à plusieurs reprises entre les murs de l’établissement faute de déneigement. 

«J’ai appelé au 3-1-1 à plusieurs reprises. Ils disent être débordés. C’est une réelle problématique l’hiver. C’est encore pire cette année.» 

Un défi exceptionnel 

Le directeur général du Comité d’action des personnes vivant des situations de handicap (Capvish), Dominique Salgado, confirme que le défi est «encore plus lourd» pour les personnes handicapées, cet hiver. 

M. Salgado dit travailler en étroite collaboration avec la Ville de Québec qu’il doit «constamment ramener à l’ordre». 

«La question qu’on se pose, c’est est-ce qu’ils ont suffisamment de personnel, de déneigeuses et de chenillettes?» soulève M. Salgado. 

Le directeur général de la Capvish déplore que certaines personnes handicapées aient été confinées à leur résidence. 

Raynald Pelletier, qui circule en fauteuil roulant, se sent « pris en otage », car les trottoirs et les rues enneigés l’empêchent de se déplacer de façon sécuritaire dans son quartier de Vanier.
Photo Pascal Huot

«Ce n’est pas normal qu’une personne doive être clouée chez elle. Ces gens peuvent avoir de la difficulté à s’alimenter. On ne veut pas ça. On ne veut pas que ça vire en ghetto.» 

Appel à la tolérance 

Ne pouvant répondre de façon précise aux questions du Journal concernant le déneigement des trottoirs et des rues pour les personnes handicapées, la porte-parole de la Ville de Québec, Wendy Whittom, demande aux gens d’être «compréhensifs et tolérants» quant à la rapidité du déneigement. 

Près de 60 centimètres de neige sont tombés à Québec entre mercredi et vendredi derniers et les équipes «ont besoin de temps» pour en venir à bout, dit Mme Whittom.