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Cryptomonnaie: des opérations illégales pour cette entreprise qui avait été victime d'un vol spectaculaire

Cryptomonnaie: des opérations illégales pour cette entreprise qui avait été victime d'un vol spectaculaire
Photo d’archives, Jean-François Desgagnés

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L’entreprise de Québec Technologies crypto, qui avait fait parler d’elle après avoir été victime d’un spectaculaire vol en mars 2018, s’est maintenant fait bloquer toute activité par l’Autorité des marchés financiers pour des opérations jugées «illicites». 

Il y a un an, les propriétaires de l’entreprise de minage de cryptomonnaie Technologies crypto avaient fait la manchette après avoir été victimes d’un violent vol à leurs installations de Saint-Augustin. 

David Fortin-Dominguez et son frère avaient été séquestrés et aspergés d’eau de Javel avant que cinq individus ne volent le coûteux équipement informatique. 

Or, un an plus tard, c’est l’AMF qui a maintenant dans sa mire l’entreprise dont l’objectif est de tirer des bénéfices du minage de diverses cryptomonnaies, comme le Bitcoin. Selon l’AMF, au moins neuf personnes ayant investi 300 000 $ «auraient perdu tout contact avec les intimés et seraient sans nouvelles quant à leurs investissements». 

Il y aurait même «plusieurs autres investisseurs d’impliqués» pour des sommes encore mal définies, mais qui seraient supérieures à 500 000 $, selon le jugement rendu le 4 février dernier. De plus, David Fortin-Dominguez et son associé, Samory Proulx-Oloko, auraient «faussement informé» les investisseurs qu’un incendie avait lourdement endommagé un bâtiment abritant leurs équipements évalués à 1,5 M$. 

Opération d’infiltration 

Dans le cadre de son enquête, l’AMF a effectué une «opération d’infiltration» où une femme se montrait intéressée à investir. Ainsi, des «activités illicites» de sollicitation et de placement ont pu être prouvées alors que les propriétaires ne sont pas inscrits à titre de courtier, comme l’exige la loi. 

Les profits provenant des opérations de minage devaient être redistribués au prorata de l’argent investi selon le nombre de parts achetées sur mille, moins 15 % de frais d’administration. Or, «seuls les intimés sont en mesure de déterminer le total des revenus bruts générés», soumet l’AMF. 

Rien ne prouvait que l’argent investi servait réellement à l’achat d’ordinateurs permettant une plus grande capacité de minage. 

Argent disparu ? 

Pendant que l’enquête se poursuivait, l’AMF constatait que l’entreprise continuait la sollicitation, via Facebook notamment, et que «des mouvements de fonds de l’ordre de centaines de milliers de dollars» étaient observés. 

L’AMF craint que les intimés «dilapident l’argent qu’ils ont déjà illégalement recueilli auprès des investisseurs». De leur côté, les propriétaires n’ont offert aucune défense, s’en remettant à la «sagesse» du juge. 

Des ordonnances de blocage sur les équipements et les fonds bancaires, une interdiction d’opération ainsi que la fermeture d’un site internet et d’une page Facebook ont donc été émises par le juge.