/news/politics
Navigation

«L’hypocrisie» de Lionel Carmant dénoncée par des utilisateurs de cannabis thérapeutique

Des patients pourraient contester la loi sur le cannabis

GEN - DAPHNÉE ELISMA
Photo Martin Alarie Daphnée Elisma aimerait qu’on autorise des endroits pour consommer du cannabis thérapeutique, à l’image des sites d’injection supervisés.

Coup d'oeil sur cet article

Qualifiant le ministre délégué à la Santé Lionel Carmant d’«hypocrite», des utilisateurs de cannabis thérapeutique menacent de contester la nouvelle loi devant les tribunaux dès son adoption.   

Daphnée Elisma, qui consomme du cannabis thérapeutique, reproche au ministre Carmant de ne pas avoir accepté de l’entendre à l’occasion de l’étude du projet de loi 2 visant à resserrer l’encadrement de la substance.   

Mme Elisma, qui est aussi coordonnatrice des Relations gouvernementales pour la clinique Santé cannabis, réclame en vain depuis décembre une rencontre avec M. Carmant. Elle souhaitait faire valoir que l’interdiction de consommer du cannabis dans les lieux publics aura des effets néfastes sur les patients qui en font un usage thérapeutique.   

Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant
Photo Simon Clark
Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant

Où se médicamenter ?  

«Si les gens ne peuvent pas consommer à la maison, où vont-ils prendre leur médication?» dénonce-t-elle.   

La clinique Santé cannabis aimerait que le gouvernement, dans le cadre d’un projet pilote, désigne des endroits où il serait permis aux patients de consommer leur cannabis thérapeutique, sous le modèle des sites d’injections supervisés.   

Elle se dit amèrement déçue du manque de compassion du ministre, un neurologue ayant déjà défini des protocoles de traitement d’enfants épileptiques avec de l’huile de cannabis: «C’est une hypocrisie incroyable», peste-t-elle.   

Autre grave problème à ses yeux: la tolérance zéro cannabis au volant. Le seuil de THC dans le sang au-delà duquel on peut affirmer que les facultés sont affaiblies n’a pas été défini scientifiquement.   

Contestations à venir  

«C’est très discriminatoire ce que le gouvernement fait», dit-elle, avant d’ajouter qu’à défaut d’être entendus par le gouvernement les patients devront recourir à une contestation judiciaire. Me Jacqueline Bissonnette, du cabinet Poudrier Bradet, confirme que plusieurs avocats sont consultés ces jours-ci par des consommateurs de cannabis thérapeutiques qui songent à protester. «Il va y avoir des contestations, ça me paraît assez clair, ça s’en vient», dit-elle.   

Les patients tenteraient de démontrer que certaines mesures sont discriminatoires ou totalement déraisonnables à leur égards, explique l’avocate.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.