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Mine de lithium: veut-on être des leaders?

Mine de lithium: veut-on être des leaders?
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Le nouveau gouvernement du Québec se retrouve confronté ces jours-ci à un projet de développement minier qui l’obligera à réfléchir sérieusement au concept de «développement durable».

Ce projet, qui a pour nom Authier Lithium, vise l’extraction et la concentration de minerai contenant du lithium qui se retrouvera dans nos ordinateurs, nos téléphones cellulaires et, bien évidemment, nos véhicules électriques.

Considérant le fait que la demande pour le lithium devrait tripler entre 2018 et 2027 et que son prix pourrait plus que doubler, on peut comprendre des entreprises de vouloir se lancer dans l’aventure.

Mine de lithium: veut-on être des leaders?
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Qui plus est, de plus en plus de gens soulignent à juste titre les conditions environnementales et humaines inacceptables de l’extraction minière dans plusieurs pays en développement.

Sachant cela, il semblerait normal, voire souhaitable que l’extraction de lithium au Québec soit encouragée, n’est-ce pas?

En fait, c’est plus compliqué que ça.

D’abord, nous devons garder en tête que l’histoire minière du Québec n’a pas toujours été glorieuse. Conditions de travail douteuses, sites laissés à l’abandon, contamination des sols, etc. sont autant de raisons qui ont fait que les citoyens accueillent beaucoup moins spontanément les promoteurs miniers que par le passé. Et ça, c’est sans oublier l’essor de la conscientisation écologique des citoyens.

Et que dire  du fait que la facture pour la décontamination des sites miniers abandonnés au Québec par l’industrie avoisinera les 2 G$ qui seront à terme payés en majeure partie par le gouvernement du Québec, donc nous tous?

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Chat échaudé craint l’eau froide

Voilà pourquoi le projet minier Authier Lithium ne passe pas comme lettre à la poste.

Par ailleurs, ce projet est planifié à proximité de l’esker de Saint-Mathieu – Lac Berry d’où provient l’eau de source naturelle Eska. Logiquement, un tel projet devrait donc faire l’objet d’une consultation du Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE), sauf que l’entreprise a décidé de passer tout juste sous la barre de 2000 tonnes/jour (qui rend alors obligatoire un BAPE) en annonçant qu’elle compte en extraire... 1900 tonnes/jour.

Je rappelle que la mission du BAPE est d’éclairer la prise de décision gouvernementale en lui transmettant des analyses et des avis qui intègrent les enjeux écologiques, sociaux et économiques des projets.

L’empressement de l’entreprise à aller de l’avant rapidement et sa réticence trop évidente à se soumettre à un BAPE  en laisse plus d’un soucieux. C’est pourquoi de plus en plus de voix se font entendre pour exiger que le nouveau ministre de l’Environnement lance un BAPE sur ce projet, car, en vertu de la loi, il a toute la latitude pour le faire.

Si je suis parfaitement conscient du fait que les pratiques des minières se sont améliorées au fil des dernières décennies au Québec, j’ai aussi été à même de constater des façons d’agir à relents néocolonialistes parmi certaines d’entre elles comme en témoignait le texte intitulé «On ferme la mine!» que j’ai écrit en 2015 après mon passage comme ministre de l’Environnement.

En tant qu’ardent promoteur de l’électrification des transports depuis de nombreuses années et en tant qu’ancien ministre de l’Environnement, je ne peux faire abstraction des enjeux écologiques reliés à l’exploitation de nos ressources minérales pour la fabrication des batteries de véhicules électriques. De plus, je ne saurais accepter qu’on se serve des mauvaises conditions minières ailleurs dans le monde comme argument pour justifier des raccourcis scientifiques, économiques ou écologiques chez nous.

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C’est pourquoi je considère que la tenue d’un BAPE est absolument nécessaire pour ce projet. Le ministre Charette doit faire preuve de leadership et annoncer la tenue de ce BAPE comme l’exigent d’ailleurs des élus de tous les partis présents à l’Assemblée nationale, dont la CAQ.

Pour réellement devenir un leader en électrification des transports, le gouvernement, les scientifiques, les gens d’affaires, les écologistes et les citoyens du Québec devront travailler ensemble pour trouver des solutions durables aux défis de la transition énergétique qui se dressent devant nous.

Sachant cela, on peut donc voir ce BAPE comme un emmerdement...

Ou une opportunité d’être des leaders.

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