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Un club de chasse de riches pourrait fermer ses portes

Le transfert de bêtes est interdit pour éviter la propagation de la maladie du cerf fou

chevreuil
Photo Stéphane Sinclair Rick Tebay, un Américain de passage au Laurentian Wildlife Estate, espérait ramener ce panache comme trophée en août 2018.

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BOILEAU | Un club de chasse huppé appartenant en partie au riche homme d’affaires Paul Desmarais pourrait devoir fermer temporairement en raison de la maladie du cerf fou.

Le Journal a appris que le nombre d’animaux contenus dans les enclos de chasse du Laurentian Wildlife Estate, situé à Boileau, dans les Laurentides, pourrait devenir insuffisant pour assurer la prochaine saison de la chasse du club, qui se tiendra de la fin août à la fin novembre.

Le transfert d’animaux entre l’élevage et le club de chasse est interdit depuis l’automne dernier en raison des mesures décrétées par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) afin d’éviter la propagation de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC).

Le club de chasse possède un élevage de cerfs rouges et de wapitis à Arundel, mais son centre de chasse est situé à Boileau, tous deux situés à moins de 100 km de la ferme Harpur Farms, l’épicentre de la crise.

« L’interdiction de déplacement est en vigueur jusqu’à nouvel ordre, mais je ne peux vous dire quand elle prendra fin », dit Nicolas Bégin, porte-parole au MFFP.

En août dernier, un premier cerf atteint de la MDC a été découvert dans un troupeau de Grenville-sur-la-Rouge.

3200 cerfs tués

En octobre, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a obligé la compagnie à abattre les 3200 cerfs rouges de ses élevages. Onze animaux positifs ont été détectés.

Depuis lors, la chasse a été interdite sur un territoire de 400 km2, car le gouvernement provincial craint que la maladie se soit propagée à l’extérieur de l’enclos. Le déplacement des animaux d’un lieu de garde à un autre a aussi été interdit.

Aucun cas n’a cependant été détecté dans la nature jusqu’à maintenant.

Des agents de la Faune et des professionnels payés par le gouvernement ont abattu 751 cerfs sauvages. La chasse préventive s’est terminée en décembre dernier.

Mort rapide

Cette maladie peut tuer une bête en quelques mois.

Le Laurentian Wildlife Estate était resté ouvert même s’il se trouvait dans la zone d’interdiction de chasse l’automne dernier puisqu’il s’agissait de chasse en enclos, comme le rapportait Le Journal.

« Ce n’est pas facile pour notre économie locale, on a hâte que tout cela soit derrière nous », a dit Robert Meyer, maire de la municipalité de Boileau.

Le club de chasse n’a pas voulu commenter.

Un club de millionnaires

  • Des chasseurs de partout dans le monde paient de 5000 $ à 100 000 $ au Laurentian Wildlife Estate pour y abattre des cerfs rouges ou des wapitis au panache surdimensionné.
  • Plusieurs panaches de cerfs rouges ou de wapitis ont fait l’objet de records mondiaux. Le club appartient à Paul Desmarais de Power Corporation et à des Néo-Zélandais.
  • Le Journal a essayé de vérifier les disponibilités de chasse et s’est fait répondre qu’il n’y avait plus de place avant 2020.