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Une récompense morale

Éprouvé en style classique, Alex Harvey finit 6e au skiathlon de 30 km

Alex Harvey a tourné son pouce vers le sol pour qualifier sa prestation, samedi, au skiathlon de 30 km en Autriche.
Photo AFP Alex Harvey a tourné son pouce vers le sol pour qualifier sa prestation, samedi, au skiathlon de 30 km en Autriche.

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SEEFELD, Autriche | À ses derniers moments en carrière, le nombre d’occasions pour célébrer un podium diminue pour Alex Harvey. Heureusement qu’il y a l’invitation d’usage réservée aux six premiers pour participer à la cérémonie !

Le Québécois se voyait avec une médaille au cou, samedi, à son épreuve préférée du skiathlon de 30 km des championnats mondiaux de ski de fond. Comme le prescrit le protocole de la Fédération internationale de ski, c’est plutôt comme détenteur du sixième rang qu’il a été convié en soirée à la Plaza des médailles, au centre de Seefeld, pour applaudir la victoire de son ami norvégien Sjur Roethe.

« Il y a une petite récompense quand même, parce que ça a été une journée difficile. J’ai poussé vraiment tout le long », a avoué le skieur de 30 ans, rayonnant malgré tout comme l’était la journée dans le Tyrol autrichien.

Au terme d’une commande de 1 h 10 min 22 s, Roethe a procuré une quatrième médaille d’or à son pays en quatre épreuves masculines et féminines, depuis le début de ces championnats, en réglant le débat au sprint devant le Russe Alexander Bolchunov (+0,1 s) et son compatriote Martin Johnsrud Sundby (+ 0,7 s).

« Pas assez fort en classique »

Si près du podium, Harvey a pu s’en approcher en soirée, ce dernier lui paraissant si loin quelques heures plus tôt durant la course. Miné par la première moitié disputée en style classique, il a vu que l’issue commençait à se dessiner dans la quatrième et dernière boucle de 3,75 km. À la 30e minute de course, un groupe de sept prétendants se sont détachés, dont les spécialistes du pas alternatif comme Bolchunov et le Finlandais Livo Niskanen. Les fuyards ont élevé le rythme et le Québécois a figuré parmi les victimes contraintes à regarder le podium s’éloigner.

« Je n’étais pas capable de suivre physiquement. À la fin du tour (le troisième de quatre), j’ai repris les devants du groupe pour espérer revenir un peu sur eux. Je n’étais pas explosé, mais je n’étais juste pas assez fort en classique aujourd’hui. Après 13 km, le podium était parti », a imagé l’athlète de Saint-Ferréol.

En passant la ligne d’arrivée après être entré 58 secondes après le trio gagnant, il a d’ailleurs résumé le niveau de son travail en tournant son pouce droit vers le sol.

Bonnes sensations en « skate »

Autre récompense morale, ses sensations durant les 15 km au pas de patin l’ont rassuré en vue du 50 km de dimanche prochain. Après la transition à la mi-course, il s’est proposé de vitaliser son groupe d’une dizaine de poursuivants qui se trouvaient à ce moment à 25 secondes des meneurs. Certains gros noms auraient pu lui donner un coup de main, comme le champion en titre, le Russe Sergey Ustiugov, le Suisse Dario Cologna et le jeune prodige norvégien Johannes Hoesflot Klaebo. Mais eux aussi ne sont pas à l’abri d’une mauvaise journée au bureau.

« Durant les deux premiers tours, j’étais seul à l’avant et personne ne prenait les relais », a-t-il constaté. « Après deux tours, ça restait toujours au-dessus de 30 secondes [l’écart avec les meneurs]. Là, j’ai compris que le podium était parti. »

Harvey a toujours considéré cette épreuve de 30 km comme sa course préférée tout au long de sa carrière. Depuis l’instauration de cette épreuve aux mondiaux de 2013 où il avait fini 13e, il a ensuite obtenu la médaille de bronze en 2015 et a terminé cinquième en 2017. Il n’aura plus d’autres occasions de se racheter.

Déjà la tête à dimanche prochain

Trop taxé par le skiathlon de 30 km de samedi, Alex Harvey a déjà la tête à la défense de son titre au 50 km, dimanche prochain, en renonçant au sprint par équipe de dimanche.

« C’était trop difficile aujourd’hui (samedi). Je suis allé vraiment au bout de mes ressources et je ne veux pas risquer de tomber malade. Je devrai bien récupérer aujourd’hui (dimanche) et il faudra que je fasse les choses intelligentes pour bien me préparer pour le 50 km », a expliqué le Québécois, qui devait former la paire avec Len Valjas.

Même quand il prévoyait y participer, Harvey ne revendiquait aucune prétention au podium pour le pays à cette course. La rayer de son carnet de commandes devenait plus facile en raison de la fatigue et des raideurs aux triceps ressenties après l’effort de samedi. En faisant l’impasse également sur l’épreuve individuelle de 15 km en style classique de mercredi – « [...] je n’ai pas ma place dans la liste des 10 prétendants au podium », selon lui –, sa prochaine course arrive donc seulement vendredi prochain lorsqu’il effectuera le départ en style classique du relais 4 x 10 km.

« Le 50 km est tellement long qu’il faut avoir de l’énergie et des cartouches dans les jambes. »

Johaug, facilement

La Norvégienne Therese Johaug, laquelle est de retour cette saison après une suspension de 18 mois pour violation des règles antidopage, a littéralement pulvérisé la concurrence en remportant le skiathlon féminin de 15 km en 36 min 54 s, soit un écart de 58 secondes sur sa compatriote Ingvild Flugstad Oestberg. La Russe Natalia Nepryaeva (+59 s) a obtenu la médaille de bronze.

« Vu que Therese Johaug est de retour, ça change la donne un peu. Ça part plus vite. Dans ce temps-là, il faut vraiment rester dans sa bulle et se concentrer sur soi-même. Il faut essayer de trouver son propre rythme. J’ai eu de moins bonnes sensations en classique, mais je suis contente de la portion de skate », a commenté l’olympienne Cendrine Browne, qui a terminé 40e à 4 min 25 s de la gagnante. L’autre Québécoise, Katherine Stewart-Jones, a pris le 39e rang (+ 4 min 20 s).