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Walmart aux rayons de la bourse

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Q. Loblaw et Walmart ont publié de bons résultats. Mais Amazon demeure très populaire chez les investisseurs. Lequel choisir ?


R. Un investisseur indépendant misera sur une valeur sûre. Et moins chère.

Vous l’avez deviné, je choisis Walmart (WMT) et même Loblaw (L.TO), bien avant Amazon (AMZN), malgré l’effervescence autour de cette dernière. Certes, les résultats d’Amazon sont spectaculaires. Mais la majorité de ses revenus viennent de l’infonuagique, où la concurrence s’intensifie. Son efficacité logistique diminue par contre ses prix, ce qui mousse son attractivité. De plus en plus, Amazon concurrence directement FedEX et UPS, pour économiser davantage. Amazon Air vient d’ajouter 10 avions à sa flotte de 50 appareils.

Même si le titre d’Amazon a grimpé de 2200 % en dix ans, comparé à 40 % pour Walmart, à plus de 1600 $, il est cher. Le cours/bénéfice est même atroce, à 80,12. Amazon est avant tout un titre techno, qui ne paie pas de dividende.

Par contre, le C/B de Walmart, à 43,89, indique un titre plus abordable (mais pas tant) au seizième du prix d’Amazon... excluant le dividende de 2,08 $ de Walmart, dont le rendement (2,04 %) est quelconque.

La brique ou le web ?

Walmart ne cesse de battre les attentes des analystes et du point de vue des revenus, Walmart est deux fois plus gros qu’Amazon. Et même si Amazon est un champion de la vente en ligne, Walmart a appris de son compétiteur et vend de plus en plus sur le web. Walmart s’est peut-être plantée à l’international (notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, où elle tente de vendre Asda à Sainsbury), mais s’adapte, avec l’achat de l’indienne Flipkart, son alliance avec Rakuten au Japon et son acquisition de Cornerstop en Amérique latine, de Jet.com aux États-Unis et de JD.com en Chine.

Walmart bâtit sa clientèle en ligne à partir de 2100 emplacements (dont 600 offrent la livraison à domicile), alors que celle d’Amazon Prime, qui rejoint 50 % des ménages américains, stagne, car elle est concentrée sur les revenus élevés. À 18 %, Amazon domine les ventes en ligne américaines totales, comparé à 9 % pour Walmart. Mais, en 2018, Amazon occupait 31 % du marché américain de l’épicerie, contre 33 % pour Walmart. Cette dernière a investi gros dans la pub télé et, surtout, les coupons postaux... qui se répercutent sur ses ventes en ligne. Deutsche Bank s’attend à ce que Walmart rattrape Amazon d’ici cinq ans pour sa part de marché en ligne totale, même si Amazon envisage de porter à 3000 ses points de vente physiques d’ici 2021. Mais Walmart a 11 700 magasins dans le monde...

Comme, inflation et récession menacent, nombre d’analystes et de gestionnaires misent désormais sur des titres défensifs, comme Loblaw, qui a (enfin !) renoué avec les profits. Même si ses ventes de magasins comparables ont augmenté de 1,9 % au 4e trimestre (Metro-MRU fait mieux à 3,2 %), ses marges grimpent dans l’alimentaire. Mais le rendement (1,77 %) et le dividende (1,18 $) sont « ordinaires » en tenant compte du C/B de 45,78.


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.


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