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Humour irrévérencieux et fin du monde

Les acteurs Madani Tall, Étienne Galloy et Will Murphy dans une scène de la comédie Avant qu’on explose.
Photo courtoisie, Films Séville Les acteurs Madani Tall, Étienne Galloy et Will Murphy dans une scène de la comédie Avant qu’on explose.

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Imaginez un croisement entre un film catastrophe et une comédie pour adolescents. C’est le mélange de genres singulier que proposent le réalisateur Rémi St-Michel et le scénariste Éric K. Boulianne, avec leur premier long métrage, Avant qu’on explose.

Présenté mercredi passé en ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, Avant qu’on explose relate les efforts désespérés de Pier-Luc (Étienne Galloy), un adolescent de Baie-Saint-Paul qui s’est lancé le défi avec ses amis de perdre sa virginité.

Mais malheureusement, le temps presse. Les menaces de bombardements atomiques entre la Corée du Nord et les États-Unis pourraient, d’un jour à l’autre, plonger la planète dans une Troisième Guerre mondiale. Pier-Luc réussira-t-il à atteindre son objectif avant qu’une bombe éclate sur Baie-Saint-Paul ?

« On voulait faire une comédie pour ados, mais en proposant quelque chose de plus original que les films américains du genre American Pie », explique Rémi St-Michel en entrevue au Journal.

« La menace d’une Troisième Guerre mondiale nous permettait d’amener cette histoire de quête initiatique à un autre niveau. Le fait d’avoir cette ambiance de film catastrophe au-dessus du récit apporte une gravité à la quête du personnage principal. Au lieu de juste vouloir perdre sa virginité pour perdre sa virginité, il se dit : il faut que je perde ma virginité le plus vite possible parce que je pourrais mourir bientôt. Ça donne une petite poussée de plus au film. »

Le trio derrière Avant qu’on explose – Rémi St-Michel, Éric K. Boulianne et Étienne Galloy – a déjà connu du succès il y a quelques années avec le court métrage Petit-Frère, qui a été présenté dans plusieurs festivals, dont la Semaine de la critique de Cannes. C’est d’ailleurs sur la Croisette à cette époque que le trio a soumis l’idée d’Avant qu’on explose au producteur Christian Larouche (Louis Cyr, Le mirage).

« On voulait simplement transposer dans un long métrage le genre d’humour (irrévérencieux) qu’on faisait dans nos courts métrages », indique Rémi St-Michel.

« Il n’y a pas énormément de comédies au Québec et les rares qui sont produites finissent toutes par se ressembler. Quand on regarde Bon Cop, Bad Cop, De père en flic ou Les 3 P’tits Cochons, c’est un type de comédie qui fonctionne. Mais c’est souvent un peu pareil. Et il y a peu de comédies jeunesse et peu de comédies “champ gauche”. »

L’histoire avant tout

En revisitant les codes des films pour ados à l’américaine, Rémi St-Michel voulait toutefois éviter de tomber dans certains pièges, comme celui de se contenter de mettre en scène une succession de gags vulgaires. Le réalisateur a voulu intégrer une dimension humaine à son histoire en abordant des thèmes universels comme l’amitié, l’amour et la peur de la mort.

« Quand on parle d’adolescence, il me semble que l’occasion est parfaite pour aborder des thèmes aussi riches que l’amour et la mort parce que c’est une période de la vie où on découvre tout cela. Je pense que c’est un acte manqué si tu ne parles pas de cela dans ce genre de film. »

« On n’a pas voulu non plus que ce soit aussi vulgaire que certains films américains du même genre. J’ai revu Superbad (Supermalades) récemment et je me suis aperçu que c’est beaucoup plus cru que ce qu’on a fait. Dans Avant qu’on explose, on est loin de ce niveau de vulgarité. »

« Mais je ne crois pas que c’était nécessaire d’aller aussi loin. C’est important de ne pas s’empêcher de faire un gag un peu salé s’il est bon. Mais ce qui est encore plus important, c’est d’avoir une histoire à raconter et que ça ne devienne pas juste une série de gags gratuits et vulgaires. Et je pense qu’on a réussi à trouver le bon équilibre. »


La comédie Avant qu’on explose prend l’affiche jeudi (28 février).