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Le côté sombre du monde virtuel

Émile Gauthier Sébastien Lévesque
Photo courtoisie, François Couture

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Immense succès dans toute la francophonie sous sa forme de balado, Distorsion est maintenant offert en format livre. Analystes passionnés, Émile Gauthier et Sébastien Lévesque ont recueilli des histoires troublantes qui dévoilent le côté sombre du monde virtuel. Âmes sensibles s’abstenir !

Fondateurs de la baladodiffusion d’histoires étranges Distorsion — un succès tant au Canada qu’en France —, Émile Gauthier et Sébastien Lévesque, deux professionnels en communication et marketing numérique, explorent les bas-fonds du web pour trouver toutes sortes d’histoires obscures qui remettent en question nos rapports aux technologies de l’information.

Leur livre fait écho à leur balado tout en offrant une expérience différente, entre autres grâce aux illustrations signées RUN.

Les auteurs parlent de disparitions, de crimes non résolus, de Dark Web, de catfish (usurpation d’identité), de conspiration, de cyberintimidation.

Émile et Sébastien se connaissent depuis plusieurs années et ont tous les deux habité à Québec avant de déménager à Montréal. « Jeunes, les deux, on a toujours tripé sur les documentaires », note Sébastien Lévesque, en entrevue.

« Autour de 2015-2016, on a discuté de la possibilité de faire un podcast ensemble. On voulait traiter de technologie, en faisant quelque chose d’intemporel. Après réflexion, on a trouvé la ligne éditoriale : des histoires étranges qui ont toujours un angle numérique. »

Sébastien n’a pas peur d’être à court de sujets. « On a fait quatre saisons, plus de cinquante émissions, et on a une immense liste encore de sujets et de thèmes qu’on n’a pas couverts. »

Crimes et disparitions

Ils ont mis en évidence plusieurs histoires de meurtres — les true crimes — de même que des cas de disparition.

« C’est nos épisodes qui fonctionnent le mieux. Il y a un aspect mystérieux du côté des disparitions qui ne sont pas résolues. Il y a tellement de pistes... »

Ils relèvent des cas qui se sont produits à l’étranger, comme l’histoire du vol MH-370, cet avion qui s’est désintégré près de la Malaisie, mais aussi au Québec.

« Le Québécois Alexandre Cazes a fait fortune sur le Dark Web. Il est devenu très riche, mais s’est fait prendre et s’est suicidé dans sa cellule, en Thaïlande, en 2017. »

Ils ont aussi repêché des malédictions numériques. « Un joueur de basket a eu une malédiction d’un rappeur sur Twitter et à partir de ce moment, il a toujours eu des badlucks sportives. »

Ils racontent aussi des légendes urbai­nes qui donnent froid dans le dos : des creepypasta.

Pas indifférents

Ces histoires sordides liées au web ne les laissent pas indifférents. « Depuis que je fais ça, j’ai vraiment plus peur de disparaître... Il y a tellement d’histoires ! J’étais déjà peureux de nature, ça a amplifié un peu ma peur. Pas au point de faire des crises d’angoisse ou de devenir agoraphobe, mais on dirait que j’ai un peu plus peur. »

 

<br><i>Distorsion</i></b><br>
Émile Gauthier et Sébastien Lévesque<br>
Illustrations signées RUN<br>
Les Éditions de l’Homme, 232 pages
Photo courtoisie, Les Éditions de l'Homme

Distorsion
Émile Gauthier et Sébastien Lévesque
Illustrations signées RUN
Les Éditions de l’Homme, 232 pages

► En librairie depuis mercredi.