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Les conservateurs et les néo-démocrates comptent reprendre le débat sur l’affaire SNC-Lavalin lundi

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OTTAWA - Les conservateurs et les néo-démocrates continueront d’exercer de la pression sur le gouvernement lundi au sujet de l’affaire SNC-Lavalin, jugeant que ce qui a été dit jusqu’à maintenant confirme que l’ancienne ministre Jody Wilson-Raybould a fait l’objet de pressions indues.

Invitée à l’émission Question Period à CTV, dimanche, Lisa Raitt, la chef adjointe de l'opposition officielle, a affirmé que le témoignage du greffier du Conseil privé, Michael Wernick, devant le comité de la justice de la Chambre des communes, jeudi, démontrait l'ampleur des efforts déployés pour que Mme Wilson-Raybould, alors qu’elle était ministre de la Justice et procureure générale, réexamine sa position sur SNC-Lavalin.

La compagnie montréalaise a été accusée en 2015 au Canada d’avoir versé des millions de dollars en pots-de-vin à des haut placés du régime Kadhafi, en Libye, pour obtenir des contrats entre 2001 et 2011. Elle doit subir un procès au criminel, mais pourrait en être exemptée si une entente dite de «réparation» pouvait être conclue avec la partie poursuivante moyennant certains engagements, la reconnaissance des faits reprochés et le paiement d’une pénalité.

La directrice fédérale des poursuites pénales a décidé l’an dernier que SNC-Lavalin ne bénéficierait pas d’un tel traitement et que les procédures judiciaires iraient donc de l’avant.

Ce qui est maintenant appelé l’affaire SNC-Lavalin a débuté lorsque le journal The Globe and Mail a publié des informations plus tôt ce mois-ci voulant que le bureau du premier ministre avait fait pression sur la ministre Wilson-Raybould pour qu’elle intervienne pour faire renverser la décision concernant l’entreprise, afin d’éviter les conséquences économiques d’une possible condamnation.

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Jeudi, devant le comité de la justice qui se penche sur le dossier, M. Wernick, qui a lui-même parlé à l’ancienne ministre au sujet de la situation de SNC-Lavalin à la fin de l’an dernier, a dit qu’il est possible que celle-ci ait pu se sentir sous pression, mais que ce sont les examens en cours – ceux du comité de la justice et du commissaire à l’éthique – qui détermineront si la conversation qu’il a eue avec elle ou les autres conversations que d’autres personnes ont eues avec elle constituent une «pression inappropriée».

Selon la conservatrice Lisa Raitt, il est clair d’après ce qu’a dit le plus haut fonctionnaire de l’État que tout cela était inapproprié.

«Jody Wilson-Raybould a dit au premier ministre et au greffier du conseil privé qu’elle n’allait pas renverser la décision de son adjointe à ce sujet. C’est là que cela devrait s’arrêter», a déclaré Mme Raitt à Question Period.

De son côté, le député néo-démocrate et critique en matière de justice, Murray Rankin, a indiqué à Question Period que «non veut dire non». «Pourquoi continuer de l’intimider? Il semble qu’il y a clairement une ligne qui a été franchie», a-t-il laissé entendre.

Lundi, les députés à la Chambre des communes doivent débattre d’une motion présentée par le chef conservateur Andrew Scheer visant à forcer la comparution du premier ministre devant le comité permanent de la justice relativement à l’affaire SNC-Lavalin.

Depuis les premières révélations du Globe and Mail, Jody Wilson-Raybould a démissionné du poste de ministre responsable des Anciens Combattants où elle avait été mutée en janvier. Une des personnes visées par les allégations concernant la pression présumée exercée sur l’ancienne procureure générale, le secrétaire principal du premier ministre, Gerald Butts, a aussi démissionné.