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Des commerçants ne veulent pas payer pour les festivals

Bloc festivals
Photo Toma Iczkovits

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Des commerçants du Quartier des spectacles ne veulent pas qu’on pige dans leurs poches pour aider à subventionner davantage les festivals qui s’y produisent.

Ceux-ci réagissaient, lundi, à une lettre ouverte et un article publié dans «La Presse» qui évoquaient que les festivals produits dans le Quartier des spectacles réclament de l’aide de la Ville de Montréal et du privé afin de maintenir l’offre de spectacles gratuits parce qu’ils seraient confrontés à d’importantes pertes financières.

«Ça n’a aucun bon sens. C’est de la discrimination par les taxes. Peut-être que les festivals devraient plus charger des prix d’entrée à leurs festivaliers», s’est insurgé le propriétaire du Saint-Bock, Martin Guimond, au sujet de l’idée qu’une partie de la somme qui apparaîtrait sur la facture des clients pourrait être réinvestie dans les événements du Quartier des spectacles sous forme d’une redevance d’animation.

La lettre ouverte était signée entre autres par Jacques-André Dupont, le PDG de l’Équipe Spectra qui produit le Festival international de Jazz, les FrancoFolies et Montréal en lumière. L’équipe Spectra appartient depuis 2013 à evenko, le producteur de spectacle du Groupe CH, aussi propriétaire du Canadien de Montréal, détenu en majorité par la famille Molson.

Montréal fait sa part

«Le financement [de la part de la Ville de Montréal] est déjà important», a commenté la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mentionnant qu’il faudra que les producteurs des festivals se tournent vers Québec et Ottawa s’ils veulent des ressources financières supplémentaires, mais qu’elle veut aider à trouver des solutions créatives.

En 2018, Montréal a voté une contribution financière de 600 000 $ pour le Festival de Jazz et le même montant pour Montréal en lumière. Les FrancoFolies ont bénéficié de 325 000 $.

Montréal et les différents partenaires gouvernementaux ont investi plus de 200 millions $ uniquement pour l’aménagement du Quartier des spectacles.

Mme Plante a aussi rappelé que Montréal contribue aussi à ces évènements en aidant à l’aménagement et avec ses effectifs policiers.

Baisse des ventes alimentaires

Une des raisons évoquées dans la lettre: la multiplication des restaurants et des bars dans le secteur depuis la création du Quartier qui a fait chuter les revenus de leurs concessions alimentaires.

«Un festival comme le Jazz m’offre dix jours de festival et mettons huit ou neuf jours pour les Francofolies. Nous, on œuvre à l’année, ce n’est pas le Festival de jazz qui nous fait vivre ou Spectra. On est bien contents qu’il y en ait un. L’achalandage change énormément et c’est super le fun, mais ça nous désorganise à chaque fois. Il faut être prêts à tout ce que ça amène, a commenté un restaurateur qui préfère taire son nom pour éviter d’avoir des représailles du Quartier des spectacles. Est-ce que ça a un sens de nous faire payer pour ça?»

«La situation nous surprend. Nous sommes prêts à discuter et à aider à trouver des solutions, mais il est important de ne pas mettre les commerçants et les festivals en opposition. Il ne faut pas considérer les commerçants comme la seule solution. Ils ont aussi leurs enjeux», a réagi le directeur de la Société de développement commercial du Centre-Ville, Émile Roux.

Avec la collaboration de Béatrice Roy-Brunet et Sarah Daoust-Braun