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Les cas de surdité au travail ont quadruplé en 10 ans

Les dépenses d’aides auditives explosent à la CNESST

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Photo courtoisie, Stéphane Groleau Le Québec reste la province la plus permissive en ce qui concerne le bruit au travail. La CNESST mène actuellement des travaux pour revoir la réglementation sur le bruit.

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Le nombre de lésions au travail liées à l’ouïe a quadruplé depuis dix ans au Québec, une situation qui a fait exploser les dépenses de la CNESST pour l’achat d’aides auditives, a appris l’Agence QMI.

En 2007, quelque 2300 lésions liées à la surdité avaient été reconnues par la Commission des normes, de l’équité de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), alors que ce nombre est passé à 8872, dix ans plus tard.

Sans surprise, le montant déboursé par la CNESST pour l’achat de prothèses auditives a explosé depuis dix ans, passant de 12,6 millions $ en 2007, à 26,6 millions $ en 2017.

Le phénomène de la surdité causée par le travail est tel que l’organisme gouvernemental risque de ne pas atteindre son objectif de 2019 lié à la diminution des lésions au travail.

En effet, le nombre de lésions par 1000 travailleurs, tous types confondus, est passé de 27,6 en 2015, à 29,1 en 2017, alors que la CNESST veut diminuer le taux de lésions à 26,6 d’ici la fin de 2019.

L’augmentation des lésions est observable chez les jeunes comme chez les travailleurs expérimentés.

Le Québec plus permissif

Le Québec est la province la plus permissive en matière de bruit au travail. Le niveau maximal d’exposition pour huit heures de travail est de 90 dB (A) au Québec, alors qu’il est de 85 dB (A) dans les autres provinces et territoires, et de 87 dB (A) dans l’administration fédérale.

Consciente du problème, la CNESST mène présentement des travaux qui visent à revoir la réglementation sur le bruit, a indiqué une porte-parole de l’organisme, dans un courriel acheminé à l’Agence QMI. Elle s’est engagée à soumettre une proposition de modifications réglementaires en 2019.

En juillet, l’Institut national de la santé publique du Québec a d’ailleurs octroyé un contrat de 28 000 $ à une de ses chercheuses, Pauline Fortier, afin d’effectuer une « révision réglementaire sur le bruit en milieu de travail ». Des travaux sur lesquels la CNESST pourra s’appuyer.

Évitable

Par ailleurs, l’INSPQ notait dans une étude publiée en avril 2015 qu’il serait opportun d’« abaisser les limites réglementaires d’exposition au bruit, de manière similaire aux autres provinces canadiennes et en accord avec les normes internationales ».

« [Ce feuillet] montre que le nombre de cas de surdité professionnelle causée par le bruit continue d’augmenter bien que cette maladie puisse être évitée, car les moyens de la prévenir sont connus », indique également l’étude.

La CNESST assure cependant que la hausse des cas de surdité est observée partout au Canada.

Elle assure également avoir mis en place plusieurs mesures au cours des dernières années, dont « les effets se feront sentir », a expliqué sa porte-parole, Geneviève Trudel.

Le nombre de cas explose

Lésions liées à la surdité au travail recensées par la CNESST
  • 2007: 2324
  • 2008: 2528
  • 2009: 2901
  • 2010: 3129
  • 2011: 3018
  • 2012: 3148
  • 2013: 3957
  • 2014: 4781
  • 2015: 4896
  • 2016: 7307
  • 2017: 8872