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Mouvement #MoiAussi: un médecin plaide coupable d’avoir couché avec une patiente il y a 30 ans

GEN - DR ROBERT A. LAFL�CHE
Photo Martin Alarie Photographié en marge de sa comparution devant le Collège des médecins hier, le Dr Robert A. Laflèche, médecin de famille à Sherbrooke, a plaidé coupable.

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Encouragée par le mouvement #MoiAussi, une patiente a dénoncé son docteur, avec qui elle a eu une relation sexuelle il y a 30 ans. Le médecin de famille de 70 ans a plaidé coupable, hier.

« Je n’ai pas eu une aventure amoureuse, c’est lui qui a couché avec moi. Il m’a utilisée », a confié au Journal la femme, dont l’identité est protégée.

Le Dr Robert A. Laflèche a plaidé coupable hier devant le Collège des médecins du Québec d’avoir eu une relation sexuelle avec cette patiente, en 1987. Âgée de 20 ans à l’époque, elle dit qu’elle était « vulnérable », après avoir été victime de viol dans le passé.

Bien que les événements remontent à plus de 30 ans, la dame n’a rien oublié et elle a vécu de la honte.

« Il y a une tache qui est là », dit-elle.

Cette dernière a interpellé le Collège en octobre 2017, après que l’animatrice et productrice Julie Snyder eut porté plainte, dans la foulée du mouvement mondial de dénonciation #MoiAussi.

Main sur le pantalon

« Je me suis dit : “Je n’ai plus le droit de garder ça. Ça ne m’appartient pas à moi seulement.” »

La patiente a été suivie par ce médecin entre 1985 et 1987, en Outaouais. Selon elle, plusieurs gestes déplacés et relations sexuelles se sont produits, ce qu’a nié le médecin.

La victime lui reproche de l’avoir embrassée lors d’une visite médicale et d’avoir mis sa main sur son pantalon.

« Il avait une érection, il a descendu sa braguette, a-t-elle raconté. J’ai constaté qu’il n’avait pas de culotte. »

Ils se sont vus pour la dernière fois en 1987, au domicile de la patiente. Le docteur a avoué avoir eu une relation sexuelle cette fois-là.

« C’est une invitation que je n’aurais jamais dû accepter, a-t-il témoigné. C’est une erreur de jugement. »

« Nuage noir »

Par la suite, la femme a vécu de durs moments et a tenté de se suicider, a-t-elle témoigné hier devant le Conseil.

« Il y avait de la confusion, comme un gros nuage noir », a-t-elle dit.

L’omnipraticien de Sherbrooke a peu de souvenirs des événements et dit qu’il ne croyait pas la patiente vulnérable.

« C’était très sexuel », a déclaré l’homme, qui n’a pas d’antécédent disciplinaire.

Par ailleurs, il a avoué avoir été lui-même victime d’abus sexuels dans son enfance.

« Quand j’ai reçu la plainte, je me suis dit que j’étais encore en train de me faire agresser. »

Le médecin, qui devait prendre sa retraite au printemps, a entrepris une thérapie. Le syndic a recommandé une radiation de cinq ans, la défense a suggéré une radiation d’un an.