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Pollution de l’air : des groupes pointent le Port plutôt que les poêles à bois

Pollution de l’air : des groupes pointent le Port plutôt que les poêles à bois
Photo Stevens Leblanc

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La Ville de Québec devrait s’inquiéter du Port et de ses projets d’agrandissement plutôt que de pointer les poêles à bois comme responsables de la pollution de l’air de Limoilou, estiment des groupes citoyens.

«Dans le secteur, il y a le fleuve, le port, la White Birch, l'autoroute et le parc des Sables, où est la station d’analyse de la qualité de l’air. Je disais à la blague : « Vous me trouvez un poêle à bois et je vous jure, je laisse tout tomber, incluant les deux recours collectifs ». J'attends toujours.» Hier, Véronique Lalande, de Vigilance Port de Québec, qui a initié deux recours collectifs contre le Port en raison d’épisodes de dispersion de poussières dans Limoilou, se disait «peu surprise et déçue» du rapport préliminaire sur la qualité de l’air dévoilé la veille par la Ville de Québec, la Direction de la santé publique et le ministère de l’Environnement.

Celui-ci révélait que les citoyens du Vieux-Limoilou sont parmi ceux qui respirent le plus de particules fines nocives de tout le Québec. Cependant, la Santé publique a expliqué qu’il n’était pas dans son mandat d’identifier les sources précises des polluants. Le maire de Québec, Régis Labeaume, pointe de son côté le chauffage au bois.

Pour Mme Lalande, l’étude sur la qualité de l’air est inutile si elle ne cherche pas à mettre le doigt sur les sources de pollution. Pour elle, il est clair que le Port a une grande part de responsabilité. «Ça fait 40 ans qu’on essaie de regarder ailleurs. (...) Il faut arrêter de se confondre en études et plutôt investir de l’argent pour corriger la situation», notamment en mettant à couvert toutes les activités de manutention du vrac, expose-t-elle.

Pour la coalition SOS Port de Québec, le projet d’agrandissement du port empirera la situation. La coalition a donc demandé hier au maire de ne pas appuyer le projet.

Pierre-Paul Sénéchal, du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), estime aussi que le rapport «tombera à plat» si on n’identifie pas les pollueurs. Il pointe de son côté le camionnage, qui ira en s’intensifiant avec l’aménagement du terminal de conteneurs. Alors que le Port estime que 77 camions supplémentaires par jour rouleront sur les routes de Québec, le GIRAM calcule de son côté, en s’appuyant sur des études de Transport Canada, que quelque 494 poids lourds s’ajouteront quotidiennement.

«L'agrandissement du Port et le maintien de ses opérations à découvert sont l’angle mort de la volonté de revitalisation du littoral est de la Ville de Québec», affirme SOS Port de Québec.

La coalition est formée de Nature Québec, d’Eau Secours, de l’Initiation citoyenne de vigilance du Port de Québec, du GIRAM, d’Accès Saint-Laurent Beauport, d’Équiterre et de Transition Capitale-Nationale