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Cendrine Browne: quand frappe le blues post-olympique

Cendrine Browne a encaissé un ressac après les Jeux de 2018

Six mois après sa participation aux Jeux olympiques, Cendrine Browne a encaissé un vide d’émotions au mois d’août. « J’avais de la misère à me concentrer. Je n’étais pas fatiguée physiquement, mais plutôt mentalement. Je n’étais plus la même », avoue la skieuse de l’équipe canadienne.
Photo Alain Bergeron Six mois après sa participation aux Jeux olympiques, Cendrine Browne a encaissé un vide d’émotions au mois d’août. « J’avais de la misère à me concentrer. Je n’étais pas fatiguée physiquement, mais plutôt mentalement. Je n’étais plus la même », avoue la skieuse de l’équipe canadienne.

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SEEFELD, Autriche | Derrière leur air grandiose, les Jeux olympiques cachent le risque d’une dépendance à l’euphorie. Cendrine Browne n’a pu éviter le piège.

Au mois d’août, pourtant six mois après avoir vécu les Jeux de Pyeongchang, la skieuse originaire de Saint-Jérôme a été frappée soudainement par le blues post-olympique. Le moral n’y était plus. Elle a dû ranger son programme d’entraînement dans un tiroir et s’imposer un congé durant deux semaines.

«Ça a été difficile et je ne m’y attendais pas, même si on nous y avait pourtant préparés avant les Jeux. Quand les Jeux se sont terminés, j’étais sur un high comme un peu tout le monde, j’ai pris deux cours à l’école et tout allait bien. Je pense que je n’ai pas pris assez de temps pour tout arrêter», réalise l’athlète de 25 ans, en marge des championnats mondiaux de ski de fond à Seefeld.

«Durant les Jeux, tu vis dans une petite bulle. Tout le monde te regarde, te suit et t’envoie des messages. Tu vis le rêve. Je me disais que je suis une personne terre à terre et que ça allait être correct. Je me disais que je n’ai pas gagné de médailles, ce qui doit être encore pire pour ceux qui en ont gagné. Mais retourner ensuite à la vie normale, c’est un peu un choc», concède celle qui réside dans la région du mont Sainte-Anne.

Nouveau défi

Lancée dans cinq épreuves aux Jeux de Pyeongchang, son meilleur résultat individuel fut son 33e rang du skiathlon de 15 km. Le ressac n’a cependant rien à voir avec ce qui s’est produit sur les pistes.

Initiée au ski aussi tardivement qu’à l’âge de 15 ans, son arrivée en moins de 10 ans dans l’élite internationale explique en partie la réaction apparue dans les mois suivants, selon elle. Sans filtre, elle avoue avoir mal mesuré les lendemains.

«Quand j’ai commencé, je me disais à ce moment que mon but était d’aller aux Jeux olympiques et, une fois cela réussi, que j’allais ensuite arrêter. C’était comme ça dans ma tête depuis toujours. Mais je ne savais pas qu’une fois embarquée là-dedans, je n’aurais plus le goût d’arrêter», dit-elle.

«Un coup que j’ai atteint cet objectif, ça signifiait : wow ! j’ai réussi ce que je voulais. Mais maintenant qu’est-ce que je fais ? Quel est maintenant mon prochain défi ? Je fonctionne toujours avec un plan et avec un gros objectif en tête. Et là, j’avais l’impression de ne plus savoir ou je m’en allais. Ça a contribué à mon petit blues. Avec ça, on apprend, on se fixe d’autres objectifs et on se relance dans une autre piste.»

Des plans A, B et C

Son plaisir ne lui fait plus défaut. Skis et bâtons dans les mains, elle courait rejoindre Alex Harvey et le reste de l’équipe, hier matin, pour un entraînement dans des sentiers ailleurs qu’au site de compétition. On la verra dans le relais féminin de jeudi, mais surtout dans son épreuve préférée du 30 km en style libre de samedi, sa spécialité.

Son projet de participer aux Jeux de 2022 l’a relancée. Entre-temps, elle se munit d’un plan B. Après avoir complété l’été dernier un certificat en gestion d’entreprise à HEC Montréal, elle mène de front des études en intervention sportive à l’Université Laval et un Certificat en communication.

Aussi, elle a même déjà défini un plan C. «La prochaine fois, si je vais aux Jeux, je vais ensuite aller en vacances sur une plage pour vraiment décrocher...»

Johaug poursuit sa riposte

Les puristes crieront au scandale, alors que les passionnés s’en délectent. Peu importe, Therese Johaug s’élève déjà comme la reine de ces championnats mondiaux avec sa victoire d’hier à l’épreuve individuelle de 10 km en style classique.

Championne du skiathlon de 15 km de samedi dernier avec un écart de 58 secondes sur sa plus proche poursuivante, la Norvégienne a de nouveau imposé son art de la riposte suite à sa suspension pour dopage. Ça s’est fait non sans peine, cette fois-ci, par une faible priorité de 12 secondes sur la brillante Suédoise émergente de 19 ans, Frida Karlsson.

«Je me suis battue contre les autres et contre moi-même. Mes jambes étaient un peu raides. À la dernière montée, j’ai entendu qu’il y avait un écart de seulement une dizaine de secondes et je me suis dit : bon, peu importe, il faut accélérer», a commenté Johaug, auteure d’un chrono de 27 min 2 s.

La patronne de 30 ans est bel et bien de retour en obtenant son sixième titre mondial en carrière. En août 2017, elle avait été suspendue pour une période de 18 mois – rétroactive au mois d’octobre 2016 –, ce qui l’avait privée des Jeux olympiques de Pyeongchang.

Elle avait expliqué avoir utilisé un onguent pour les lèvres durant un camp d’entraînement tenu en septembre 2016. La crème contenait du clostebol, une substance interdite par l’Agence mondiale antidopage que son médecin n’avait pas remarquée parmi les composantes dans la fabrication, selon elle.

Une Québécoise 51e

On mesure tout le degré d’autorité des spécialistes mondiales des épreuves de distance quand on consulte le classement des Canadiennes : Emily Nishikawa 36e (+2 m 36 s), Dahria Beatty 49e (+ 3 min 39 s), Katherine Stewart-Jones 51e (+ 3 min 45 s) et Maya MacIsaac-Jones 66e (+ 5 min 36 s).

«Je me sentais bien jusqu’à la deuxième boucle (de 5 km). J’ai commencé à monter et il n’y avait plus rien dans mes jambes. J’ai commencé une cadence que je pensais pouvoir conserver, mais je ne l’avais pas aujourd’hui. C’est dur de savoir si tu vas pouvoir le faire ou non, mais il faut commencer vite à une compétition comme celle-là», a expliqué Stewart-Jones, originaire de Chelsea en Outaouais.

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