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Le maire de Chambly est ciblé par l’enquête de l’UPAC

Les policiers ont reçu des allégations d’abus de confiance en lien avec des contrats publics

UPAC à Chambly
Photo Chantal Poirier

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Les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption qui ont mené des perquisitions hier à Chambly sont sur la piste d’allégations d’abus de confiance qui concernent le maire Denis Lavoie, a appris notre Bureau d’enquête.  

Selon nos informations, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a reçu des dénonciations à l’effet que le controversé maire Lavoie, lui-même un ancien policier spécialisé dans la lutte à la corruption et au crime organisé, aurait touché des sommes d’argent en lien avec l’octroi de contrats publics. 

L’amie de cœur du maire et directrice générale adjointe de la Ville, Annie Nepton, est également visée par les allégations, de même qu’un autre fonctionnaire municipal et un important promoteur immobilier. 

L’enquête policière a été baptisée « Parabole ». Elle a été ouverte il y a près d’un an, en avril 2018. Depuis, plusieurs témoins, dont des fonctionnaires municipaux, ont fourni des déclarations à la police. Un juge a ensuite estimé que ces allégations étaient assez sérieuses pour donner le feu vert aux trois mandats de perquisition exécutés hier. 

Les enquêteurs se sont donc rendus vers 8 h à l’hôtel de ville ainsi qu’au garage municipal et dans des bureaux administratifs de cette ville de 30 000 habitants de la Montérégie. 

Cela leur a permis de saisir des documents pour étoffer leur dossier. 

Tous les employés administratifs qui se trouvaient sur les lieux ont été renvoyés chez eux pour la journée. 

Personne n’a été arrêté hier, et les allégations recueillies par la police n’ont pas encore passé le test de la justice. Rien ne dit qu’elles déboucheront un jour sur des accusations formelles. 

«Plaisir de collaborer» 

«Ça va nous faire plaisir de travailler et de collaborer avec l’UPAC», a brièvement dit le maire lorsque joint au téléphone. 

Plus tard, en entrevue à TVA Nouvelles, il a déploré les méthodes du corps policier, débarqué selon lui sans avertissement, et « le peu de substance des questions posées à certaines personnes » par les enquêteurs. 

Le maire croit que la police anticorruption va à la pêche. « C’est toujours moi qui suis ciblé. Ils demandent à quelqu’un : avez-vous été dans le condo de Denis Lavoie en Floride ? Je n’ai pas de condo en Floride », a-t-il pesté. 

Entre-temps, à Québec, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a annoncé que la Ville serait placée sous tutelle. 

La Ville de Chambly fait la manchette depuis plusieurs mois déjà. Le maire Lavoie, en congé de maladie depuis novembre, a fait l’objet de vives critiques de la part de citoyens pour la manière autoritaire dont il gérait les assemblées du conseil municipal. L’opposition a réclamé sa démission. 

«Tu la veux-tu la guerre?» 

Un citoyen a également été poursuivi et trois autres mis en demeure par la Ville pour avoir écrit sur Facebook des « allégations fausses et diffamatoires » à l’endroit du maire. 

En novembre, Radio-Canada a révélé des enregistrements embarrassants pour le maire. « Tu la veux-tu la guerre ? Tu la veux-tu ? », a lancé M. Lavoie à l’entraîneur d’un club de soccer local, parce qu’il était insatisfait du temps de jeu de sa fille. 

Plusieurs employés ont aussi dénoncé à la société d’État un climat de travail « malsain, voire toxique ». Le maire s’était défendu et avait soutenu qu’il privilégiait « un climat de travail positif ». 

La Ville a également été critiquée à la suite de la destruction de la maison Boileau, un édifice patrimonial. La ministre de la Culture, Nathalie Roy, avait qualifié cette décision de « triste événement ».