/travel/autres-destinations
Navigation

Le Pakistan sous tension

Ce garde patrouille le mausolée Jinnah où repose la dépouille du fondateur du pays Muhhamad Ali Jinnah.
Photo courtoisie, Gilles Proulx Ce garde patrouille le mausolée Jinnah où repose la dépouille du fondateur du pays Muhhamad Ali Jinnah.

Coup d'oeil sur cet article

C’était au lendemain de l’exécution d’Oussama Ben Laden par un commando américain. On venait de découvrir que cette personnalité honnie ou adorée se terrait dans un manoir fortifié au Pakistan, ce pays qui joue le double jeu, amical avec les États-Unis et complice du terrorisme islamiste.

Cette enseignante qui affiche son orthodoxie 
dirigeait un groupe d’écoliers dans les rues 
tumultueuses de Karachi… pour rejoindre 
une des manifestations ?
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Cette enseignante qui affiche son orthodoxie dirigeait un groupe d’écoliers dans les rues tumultueuses de Karachi… pour rejoindre une des manifestations ?

J’étais au Caire lorsque la nouvelle est tombée. J’ai hésité à poursuivre mon voyage prévu dans le « pays des purs » (c’est ce que veut dire « pakistan »). Dans le hall de mon hôtel, la télévision répétait qu’après Ben Laden, ce serait le tour d’Al-Qaida, son organisation, d’y passer. Heureusement, mon vol vers Karachi n’était pas annulé. Inutile de vous dire que les touristes étaient rares. Même les guides avaient pris congé en se disant que personne ne viendrait. Or, je voulais visiter.

Quelques secondes après cette photo, un 
de ces hommes a sorti son sifflet pour me 
signaler de ne plus recommencer.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Quelques secondes après cette photo, un de ces hommes a sorti son sifflet pour me signaler de ne plus recommencer.

Le concierge de mon hôtel a multiplié les appels et a finalement déniché un guide assez téméraire pour faire son travail malgré les manifestations. Vous vous doutez bien que le pays se déchirait alors entre les heureux qui saluaient joyeusement la mort du terroriste Ben Laden et les malheureux qui pleuraient ce saint homme et hurlaient leur indignation que les États-Unis aient osé violer l’espace aérien et la souveraineté du Pakistan en venant y assassiner leur ennemi public numéro un.

Ce policier semblait nerveux et impatient. Au loin, on 
entendait les klaxons, les sirènes et la foule en train de rugir des slogans (pro ou anti Ben Laden, je ne sais).
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Ce policier semblait nerveux et impatient. Au loin, on entendait les klaxons, les sirènes et la foule en train de rugir des slogans (pro ou anti Ben Laden, je ne sais).

Policiers omniprésents

Au Pakistan, on ressent rapidement que la tension est explosive. Partout, il y a des gardes armés. Les policiers sont omniprésents. Les militaires aussi. Bref, tout pour ne pas attirer les voyageurs.

À tout bout de champ un homme en uniforme se présentait et exigeait les papiers de mon guide improvisé. Toutes les entrées étaient contrôlées scrupuleusement. Ce climat de méfiance perpétuelle me rappelait un autre pays où les fusils mitrailleurs sont légion : le Yémen, dite l’« Arabie heureuse », l’autre refuge de Ben Laden pendant plusieurs années.