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Star Académie: un cauchemar pour certains, un rêve pour d'autres

Star Académie
Photo d'archives Ici, des candidats de la première cuvée de la téléréalité en 2003.

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Star Académie a été l’élan d’une carrière pour de nombreux artistes, un passage douloureux pour d’autres. Seize ans plus tard, Le Journal fait le point sur la carrière des candidats qui ont participé à un des plus grands phénomènes télévisuel et musical que le Québec a connu.   

Dès l’hiver 2003, l’adaptation de la version française développée par Stéphane Laporte et Julie Snyder a connu un succès foudroyant. Au cours de ces cinq saisons, l’évolution artistique de 70 candidats a été filmée, alors qu’ils étaient coupés de la société pendant 13 semaines pour apprendre le chant, la danse et l’art dramatique. Du jamais vu à la télé québécoise.   

Des centaines de milliers de téléspectateurs sont au rendez-vous. «Ç’a été un phénomène musical comme il y en a eu peu dans l’histoire de notre télé», se remémore le créateur de la version québécoise, Stéphane Laporte.   

Pourquoi l’émission a-t-elle été si populaire? «C’est lié à la jeunesse, estime-t-il. Ces quatorze jeunes-là sont arrivés avec des étoiles plein les yeux et une énergie dont on avait besoin. Star Académie a donné le goût à bien du monde de croire en leurs rêves.»   

Que sont-ils devenus?  

Que reste-t-il aujourd’hui de Star Académie? La plupart de ceux qui y sont passés gravitent encore dans le paysage musical québécois. Ils n’ont bien sûr pas tous la carrière flamboyante et la popularité d’une Marie-Mai. Certains font carrément un autre métier.   

Le Journal s’est entretenu avec ceux qui ont disparu du radar médiatique pour savoir ce qu’ils étaient devenus.   

De Star Académie, il reste par ailleurs quelques êtres humains écorchés qui ont mal vécu l’expérience. «Ça m’a beaucoup affectée mentalement», a fait valoir Marie-Ève Côté, qui en a arraché après son passage à l’émission en 2004.   

Elle nous a confié être toujours en thérapie, après avoir décidé d’abandonner sa carrière il y a trois ans. «Quand tu es dans Star Académie, tu es tellement étiqueté qu’il faut que tu te battes mille fois plus que ceux qui ont pris l’autre chemin.»   

Même chose pour Stéphane Mercier, de Normétal, qui s’est confié au Journal pour une rare fois sur son expérience. «J’ai payé cher le fait de croire en moi», a-t-il raconté.   

Pour d’autres, les souvenirs sont plus heureux et Star Académie a été l’aventure d’une vie. Encore aujourd’hui, Dave Bourgeois, de la première édition, considère le phénomène comme du jamais vu.   

«On a vécu une des plus grosses tournées de l’histoire du Québec. (...) Star Académie a influencé toute ma vie», affirme celui qui a tenté sa chance à La Voix dimanche dernier.   

«Star Académie, ça m’a permis de savoir que mes rêves étaient possibles», estime pour sa part François Babin.   

Un impact musical et télévisuel  

Les artistes issus de Star Académie ont laissé une grande empreinte dans la culture québécoise. D’abord sur le plan musical.   

Les cinq cuvées ont donné lieu à autant de tournées qui ont rempli le Centre Bell à de nombreuses reprises et visité les quatre coins du Québec.   

Les albums qui découlent de Star Académie ont été vendus à plus d’un million d’exemplaires. En 2009, la tournée s’était même taillée une place dans le palmarès Billboard des tournées nord-américaines ayant vendu le plus grand nombre de billets.   

«Il y a eu une génération Star Académie, explique Stéphane Laporte. Il y a plein de jeunes à qui ç’a donné la piqûre et qui se sont mis à chanter à cause de l’impact de l’émission.»   

Star Académie a aussi marqué un tournant dans le milieu télévisuel. L’émission a permis à la musique d’y avoir sa place à heure de grande écoute et a instauré les grands rendez-vous du dimanche à TVA, sous le signe de la variété.   

«À l’époque, les gens se questionnaient beaucoup sur la place de la chanson à la télé. Et Star Académie a complètement bousculé ces idées-là. Parce que tous les dimanches soirs, c’était un show de pratiquement trois heures avec que de la musique. Ç’a permis à la chanson d’avoir sa place», affirme Stéphane Laporte, qui estime avoir passé environ 25 000 personnes en auditions.   

Cote d’écoute moyenne par saison   

♦ Saison 1 : 2 424 000   

♦ Saison 2 : 2 717 000   

♦ Saison 3 : 2 382 000   

♦ Saison 4 : 2 471 000   

♦ Saison 5 : 2 249 000   

Sources : BBM, Québec, Francos, T2+

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