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Trudeau n'est pas fermé à scinder le rôle de ministre de la Justice

Trudeau n'est pas fermé à scinder le rôle de ministre de la Justice
AFP

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OTTAWA - Justin Trudeau ne ferme pas la porte à ce que les rôles de ministre de la Justice et de procureur général du Canada soient occupés par deux personnes différentes, plutôt que par une seule.

La question de séparer les deux fonctions que remplissait la ministre démissionnaire Jody Wilson-Raybould est soulevée par plusieurs depuis quelques jours, dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

«Des changements d’une telle ampleur nécessiteraient une étude considérable [...] Ce n’est pas quelque chose qui se fait sur un coup de tête», a dit Justin Trudeau lundi en point de presse à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le double drôle qu’a joué Mme Wilson-Raybould est central dans l’affaire d’ingérence politique alléguée qui secoue la colline parlementaire depuis des semaines. L’ex-ministre de la Justice soutient avoir subi des pressions indues du bureau du premier ministre pour qu’elle aide le géant de l’ingénierie SNC-Lavalin à éviter un procès criminel.

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Mme Wilson-Raybould a elle-même fait valoir dans son témoignage devant le comité de la Justice qu’il serait pertinent d’étudier la possibilité que le ministre de la Justice cesse de porter deux chapeaux. Elle avait donné l’exemple de la Grande-Bretagne, où le rôle de procureur général est rempli par une deuxième personne qui ne siège pas au cabinet des ministres.

Le nouveau ministre de la Justice David Lametti s’était par la suite dit ouvert à ce que la question soit étudiée.

Candidate libérale

Mme Wilson-Raybould a indiqué dimanche qu’elle avait l’intention d’être candidate libérale aux élections fédérales d’octobre. On ne sait toutefois toujours pas si elle gardera sa place au sein du caucus libéral.

«Ce n’est évidemment pas une situation à prendre à la légère», a commenté Justin Trudeau lundi en indiquant qu’aucune décision n’avait encore été prise au sujet de la présence de Mme Wilson-Raybould au caucus.

L’affaire SNC-Lavalin a éclaté lorsque le journal «Globe and Mail» a allégué que Mme Wilson-Raybould a subi des pressions pour aider la multinationale québécoise à éviter un procès criminel pour fraude et corruption.

Justin Trudeau, son plus proche conseiller lui aussi démissionnaire Gerald Butts, ainsi que Michael Wernick, le plus haut fonctionnaire fédéral, ont tous nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. S’ils ont avoué qu’une forme de pression sur Mme Wilson-Raybould ait pu être exercée, cette pression n’était pas «inappropriée», ont-ils fait valoir.

Le commissaire à l’éthique et le comité de la Justice se penchent sur les allégations. Ce dernier entendra le témoignage de Gerald Butts mercredi.