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Une pièce intelligente et sensible

À l’affiche à La Bordée, Sauver des vies s’intéresse avec réalisme et humour au quotidien de la maladie

Étienne (Marc-Antoine Marceau) tente, du mieux qu’il peut, d’accompagner sa conjointe Maude (Ariel Charest) dans cette terrible traversée.
Photo courtoisie, Nicola-Frank Vachon Étienne (Marc-Antoine Marceau) tente, du mieux qu’il peut, d’accompagner sa conjointe Maude (Ariel Charest) dans cette terrible traversée.

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L’arrivée d’une maladie incurable provoque inévitablement un énorme choc dans le quotidien des individus, des familles et des gens qui s’aiment. Sauver des vies aborde, avec intelligence, humour et sensibilité, ces immenses débordements émotionnels.

À l’affiche à La Bordée jusqu’au 23 mars, la pièce écrite et mise en scène par Pascale Renaud-Hébert dégage beaucoup d’humanité. On est dans le vrai et dans les vrais questionnements.

Muriel a 48 ans. Atteinte d’un cancer depuis trois ans, son état se détériore. En couple et mère de deux jeunes adultes, elle semble être dans le déni. Elle ne veut pas trop parler de sa maladie avec ses fils Simon et Philippe. Le sujet est tabou dans cette famille tout à fait normale, où l’on se taquine et où l’on rit.

Maude, qui est dans la mi-vingtaine, est en couple avec Étienne, qu’elle a rencontré lors d’un voyage.

Le cancer détecté chez elle la bouleverse totalement. Elle est en révolte et elle n’a pas vraiment envie de se « battre ». Elle ne veut pas se voir dépérir et haïr ce qu’elle deviendra physiquement. Ce qui place son amoureux dans un état émotionnel difficile.

Avec Sauver des vies, Pascale Renaud-Hébert propose une plongée dans la vérité.

On assiste au quotidien de ces gens face à la maladie, avec les doutes et les moments de faiblesse, de peur et d’incompréhension. Et tout ça saupoudré avec humour et de manière bien dosée, comme c’est souvent le cas dans la réalité.

Bien écrit et bien raconté

L’histoire est bien écrite et surtout bien racontée. On passe d’une histoire à l’autre, avec des sauts dans le temps, et tout s’imbrique parfaitement. On retrouve une superbe scène où les deux femmes se croisent dans le même univers.

Les deux histoires se connectent lors d’une scène hilarante autour d’une machine distributrice.

Sophie Dion et Ariel Charest excellent dans les rôles de Muriel et Maude. Tout comme Vincent Champoux, dans le rôle de Jean, le conjoint de Muriel, Samuel Corbeil et Maxime Beauregard-Martin, qui personnifient les fils du couple, et Marc-Antoine Marceau, qui joue l’amoureux de Maude.

Samuel Corbeil livre une charge puissante et émotive, par l’entremise de Philippe, qui se déroule cinq années après le décès de sa mère. Il aurait aimé qu’on parle de sa maladie.

Et on quitte La Bordée, en douceur, avec une chanson dans la tête et avec l’idée que l’amour, malgré la maladie, est nécessaire et doit, plus que jamais, être présent.