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Financement du tramway: la Ville de Québec lorgnerait le Fonds vert

Le bras de fer se poursuit entre le fédéral et le provincial

Financement du tramway: la Ville de Québec lorgnerait le Fonds vert
Illustration d’archives, ville de québec

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La Ville de Québec lorgne vraisemblablement les centaines de millions de dollars non dépensées du Fonds vert québécois pour attacher le financement de 3 milliards$ du Réseau de transport structurant. Une requête plus précise sera communiquée aujourd’hui par l’administration Labeaume.

Lors du conseil municipal de lundi, le maire a partiellement dévoilé son jeu. «Le gouvernement du Québec a beaucoup d’argent. Dans le PQI (Plan québécois des infrastructures), il a 9 milliards$ pour le transport collectif. Il a un Fonds vert qui a à peu près 1,5 milliard$ qui marche tout croche. Est-ce qu’il y a un projet dans un Fonds vert qui est plus rentable au niveau de l’environnement que le transport collectif? La réponse est non. Vous l’avez l’argent», a lâché Régis Labeaume.

Appelé à réagir, Sébastien Lépine, directeur des Communications au bureau du ministre des Transports, François Bonnardel, a rappelé hier que «le gouvernement du Québec s’engage à hauteur de 1,8 milliard$ (soit 60% du coût du projet). Pas un sou de plus. C’est au fédéral de faire sa part pour le 1,2 milliard$ restant».

À la fin 2018, le premier ministre François Legault a convenu que des centaines de millions de dollars dormaient dans les coffres du Fonds vert.

Lundi, Régis Labeaume a signalé qu’un financement de 2,2 milliards$ est déjà sur la table pour le mégaprojet de 3 milliards$. Selon lui, «la petite guéguerre fédéral-provincial» porte sur les 800 millions$ restants. Ottawa veut que cette somme soit puisée à même le Fonds fédéral pour l’infrastructure verte. Or, le gouvernement du Québec souhaite que ce Fonds bénéficie à toutes les municipalités québécoises.

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Tard hier soir, le Journal a obtenu une lettre que le ministre fédéral, François-Philippe Champagne, vient d’expédier à son homologue Bonnardel. M. Champagne y rappelle que le fédéral s’est engagé en faveur du mégaprojet de Québec. Il ajoute que la somme de 1,2 milliard$, soit 40% du coût total, «pourrait être disponible» dans le programme d’infrastructure Investir dans le Canada.

«Il serait donc possible d’aller chercher des sommes additionnelles nécessaires notamment sous le volet infrastructures vertes pour faire avancer le projet du Tramway de Québec», souligne M. Champagne.

«Tout le monde nage dans les surplus»

Hier, Rémy Normand, vice-président du comité exécutif, a soutenu «qu’il faut être créatif et imaginatif. C’est à ça qu’on invite les gouvernements. Il y a des sommes probablement disponibles un peu partout là. Tout le monde nage dans les surplus par les temps qui courent».

Invité à préciser sa pensée, M. Normand a affirmé qu’il y aura une sortie publique demain. Cela dit, le souci de la Ville demeure celui de «ne pas se mettre au centre de la chicane».

Par ailleurs, le bureau de projet du Réseau de transport structurant pense que le BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) consacré au tramway aura lieu «au cours de l’été/automne 2019». Cette estimation figure dans un appel d’offres publié hier pour la réalisation d’une Étude d’impact environnemental en lien avec le Réseau structurant.