/opinion/blogs
Navigation

Trudeau «yé pas bon»

De leadership à leader cheap

Trudeau «yé pas bon»

Coup d'oeil sur cet article

Gerald Butts, le bon copain de Justin Trudeau, a répondu aux questions des parlementaires fédéraux pour enfumer encore un peu plus l’affaire SNC-Lavalin...    

Pour l’essentiel, l’ex bras droit du Joyeux Canadien des Communes a expliqué qu’il ne s’était à peu rien passé. Jody Wilson-Raybould a démissionné pour des raisons autres, quasiment mystérieuses.    

Qu’une douzaine de sbires aient voulu lui parler de génie-conseil, d’emplois, d’arrangement avec la justice, etc, tout ça n'était qu'une banale question de «vision», selon le Gerry.    

Soulever comme Jane Philpott des questions aussi complexes que l’éthique, la moralité publique ou le sens du devoir aurait par ailleurs été trop difficile. Aussi bien demander à Mélanie Joly d’animer une séance de ouija...    

Trudeau «yé pas bon»
Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

Les questions des députés libéraux furent donc d’une insignifiance exemplaire. On se serait cru en maîtrise à l'UQÀM.    

     - Avez-vous fait des pressions sur l’ex ministre de la Justice?  

- Non.  

- Est-ce que le premier ministre a demandé de faire pression sur Mme Wilson-Raybould?  

- Non, absolument pas.  

Selon toute vraisemblance, une question additionnelle aurait dû être posée à Gerry Butts :     

- Est-ce que vous nous prenez pour des imbéciles?  

- ...  

 On devine la réponse, la vraie, n’est-ce pas?     

Cette histoire relève maintenant de la psychanalyse et le Doc Mailloux devrait s'inviter au Parti libéral du Canada pour une séance extraordinaire...     

C'est que, toujours selon l'ex adjoint PM Gerry, l’ex Procureure Générale du Canada aurait perçu la réalité différemment de tous ceux qui lui ont parlé de SNC-Lavalin au cours des récents mois. Cela n'avait d'ailleurs rien de répréhensible, a dit l'ex Tordeur de bras.    

Trudeau «yé pas bon»
CPAC

Or donc, il n'y avait tellement rien là que, lundi soir, Justin Trudeau, manches retroussées, s’est précipité vers un troupeau libéral parqué à Toronto en sautillant, en criant, en s’amusant comme un petit fou, heureux de pouvoir parler climat et d'autres trucs super importants, outre son pipeline, évidemment.    

Les bras en l’air, on aurait dit l’animateur de foule de la Poule aux Œufs d’or...    

«Y a des libéraux dans la salle?»... Yeeaaahhh! Right! Si vous ne comprenez pas tout, on vous expliquera plus tard... Quant à la démission de Mme Philpott, autant l'oublier. Faire semblant d'en ignorer l'impact réel amoindrira peut-être les dégâts. Une question de vision, encore une...   

«Les Canadiens méritent un véritable leadership!», a soudainement lancé Justin Trudeau dans une irrépressible grimace.     

Peut-être qu'en entendant les mots sortir de sa propre bouche réalisait-il lui-même ne plus être à la hauteur de ce qu’on lui faisait dire...    

Le lendemain, à la télé, une brave dame questionnée au hasard sur un trottoir enneigé de Montréal a résumé l'état d'esprit général:    

«Yé pas bon. Il essaie de faire comme son père mais yé pas bon».