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Inspirations lyonnaises

Sept artistes québécois ont exposé leurs œuvres à Lyon

Odette Théberge a utilisé la photographie, l’impression numérique, le dessin, le collage et une feuille d’or sur papier.
Photo courtoisie Odette Théberge a utilisé la photographie, l’impression numérique, le dessin, le collage et une feuille d’or sur papier.

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En voulant retourner sur les traces de son passé à Lyon, la peintre Viviane Gruais, une artiste d’origine française qui vit à Québec depuis 2010, a eu l’idée de monter une exposition collective avec six artistes de chez nous sous le thème de la mémoire. Après avoir été exposées dans une galerie mythique de Lyon, leurs œuvres s’amènent sur la terre de leurs créateurs jusqu’en avril.

Le père de Viviane Gruais est un artiste reconnu qui a même enseigné à l’École des beaux-arts de Paris. Il y a 50 ans, il avait exposé à la galerie d’art L’Œil Écoute, mythique galerie de Lyon.

Après plusieurs années sans jamais avoir mis les pieds dans sa ville, sa fille est partie sur les traces de son père en cherchant la galerie d’art, difficile à trouver, puisqu’elle n’est pas sur les réseaux sociaux et qu’elle se trouve dans une ancienne traboule, un passage piétonnier qui relie les rues entre elles.

Elle raconte avec émotion y avoir rencontré la fondatrice, aujourd’hui âgée de 93 ans, qui a pu lui parler de son père.

Un lieu inspirant

Quand elle a vu le lieu et son architecture historique, Viviane Gruais a voulu y amener six de ses amis artistes (André Bécot, Lucienne Cornet, Jacinthe Lagueux, Gabriel Lalonde, Odette Théberge et Francine Vernac) pour plancher sur une exposition collective qui s’inspirerait du lieu.

Œuvre de Gabriel Lalonde, <i>Épurement 2</i>.
Photo courtoisie
Œuvre de Gabriel Lalonde, Épurement 2.

« On s’est tous retrouvés là-bas ensemble, a confié l’artiste qui a chapeauté le projet. L’aventure a été extraordinaire. On a pu visiter la ville et les artistes sont revenus avec un bagage différent. Ils ont ensuite fait des œuvres à partir de ce qu’ils ont vécu là-bas. Ils se sont inspirés des couleurs, des teintes de la ville, de l’architecture et de son histoire. »

Plus d’une cinquantaine d’œuvres, dont les siennes, se sont donc retrouvées, l’automne dernier, à être exposées à la même galerie où son père avait exposé ses œuvres il y a cinq décennies. Puis, elles ont retraversé l’Atlantique pour s’accrocher au Centre d’exposition Louise-Carrier jusqu’au 3 avril.

Devoir de mémoire

Viviane Gruais a vécu une panoplie d’émotions en retournant dans son passé. L’exposition s’intitule Passages et traces, qui est bien sûr inspirée de ces fameux passages piétonniers souterrains de Lyon, mais surtout des traces laissées par le temps.

Œuvre de Viviane Gruais, <i>D’un passage à l’autre, traboule, rue Saint-Jean, Lyon</i>.
Photo courtoisie
Œuvre de Viviane Gruais, D’un passage à l’autre, traboule, rue Saint-Jean, Lyon.

« Moi, j’ai fait 30, 40 œuvres. On a tous travaillé plus que les œuvres exposées », souligne Viviane Gruais qui fige ses mémoires sur plexiglas.

La mémoire est un thème récurrent dans l’œuvre de cette dernière. « On vit dans une société où on oublie d’où on vient. La mémoire du paysage, la trace de l’humain... c’est très important pour moi. Le fait de retourner à Lyon et de revivre tout ça, c’est comme si j’avais fermé une boucle. Du coup, je sens que mon travail actuel s’en ressent. »


► Le Centre d’exposition Louise-Carrier est situé au 33, rue Wolfe, à Lévis.