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Québec veut doubler la production de truite

Certains poissons parcourent plus de 6900 km avant d’atteindre notre assiette

La truite importée occupe encore une place dominante dans les supermarchés, mais peut-être pas pour longtemps puisque Québec veut doubler la production au cours des prochaines années.
Photo Diane Tremblay  La truite importée occupe encore une place dominante dans les supermarchés, mais peut-être pas pour longtemps puisque Québec veut doubler la production au cours des prochaines années.

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Québec veut que la province double sa production de truite afin de retrouver des parts de marché qui ont fondu comme neige au soleil au profit de pays exportateurs tels que le Pérou et le Chili depuis une quinzaine d'années.

Au début des années 2000, la truite du Québec occupait 40 % des ventes dans les supermarchés. Selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), la production comble aujourd’hui moins de 15 % de la demande intérieure.

« Certaines entreprises piscicoles ont dû fermer leurs portes notamment en raison de problèmes environnementaux », affirme Julie Roy, coordonnatrice à la Table filière de l’aquaculture en eau douce du Québec.

Pendant la période de consolidation qui a suivi, les Québécois ont continué d’augmenter leur consommation de poissons. Des pays comme le Pérou et le Chili, qui ne sont pas soumis aux mêmes règles environnementales, ont profité de cette conjoncture pour inonder les supermarchés.

Potentiel « très » important

Plusieurs produits viennent aussi de l’Ontario où l’élevage dans des cages flottantes en eaux libres est permis, ce qui n’est pas le cas au Québec, souligne Normand Roy qui opère le plus important site d’élevage de truite arc-en-ciel au Québec, à East Hereford, en Estrie.

Son entreprise, la ferme piscicole des Bobines, produit annuellement 210 tonnes de truite dans ses 94 bassins.

« Notre potentiel hydrique est énorme, si on compare à bien d’autres pays. Ce n’est pas logique que l’on occupe qu’une infime partie du marché de consommation de poisson au Québec », ajoute François Guillemette, président de l’Association des aquaculteurs du Québec qui regroupe aussi le marché de la pêche récréative (ensemencement).

Retour à l'équilibre

Pour favoriser un retour à l’équilibre, le gouvernement s’est donné comme objectif de doubler la production aquacole au Québec d’ici 2025 pour la faire passer de 1600 à 3200 tonnes.

Pour y parvenir, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec injecte 12,8 millions de dollars au Fonds bilatéral pour l’industrie des pêches et de l’aquaculture commerciales du Québec .

Ce montant s’ajoute aux 30 millions de dollars sur cinq ans déjà consentis par le gouvernement fédéral.

Le président de l'association se réjouit de cette aide. « Le seul bémol, c’est au niveau du processus environnemental qui est très long et très fastidieux actuellement. Si je débutais une nouvelle exploitation, on finirait par avoir notre certificat d’autorisation en 2025. Le processus doit être modifié, car c’est sûr qu’on n’arrivera pas à doubler la production dans les délais prévus », croit François Guillemette.


► En 2018, il y avait 90 permis d’aquaculture en milieu terrestre au Québec. À peine la moitié de ces détenteurs de permis réussissent à vivre de cette activité.

 


Baisse drastique de la production d’omble et de truite au Québec

  • 2017: 483 tonnes
  • 2000: 1 018 tonnes
  • 1999: 1 370 tonnes

Source : MAPAQ