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Jouer le tout pour le tout

Il a dû quitter son emploi de gérant de projets pour pouvoir véritablement propulser son entreprise

Marco Corbin, propriétaire du vignoble La Halte des pèlerins, et sa conjointe Geneviève Chabot.
Photo Agence QMI, Audré Kieffer Marco Corbin, propriétaire du vignoble La Halte des pèlerins, et sa conjointe Geneviève Chabot.

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Au démarrage de son vignoble, La Halte des pèlerins, en 1998, Marco Corbin a fait le choix de rester salarié. Pendant 10 ans, il a donc mené en parallèle ses activités de vigneron et son emploi de gérant de projets pour un entrepreneur en construction de la région de Sherbrooke. Jusqu’au jour où il est arrivé à la croisée des chemins.

« Pour donner une nouvelle impulsion à l’entreprise, il m’a fallu faire le saut, raconte-t-il. En plus de la production du vin, on voulait se lancer dans l’agrotourisme. Ce n’était plus possible de cumuler les emplois. »

En 2008, il a donc rendu son tablier, pour se consacrer à 100 % au développement de son entreprise.

« Quand on se lance en affaires, on se doute bien qu’il y aura une baisse de salaire. C’est la hauteur de la marche qu’on ne connaît pas ! », dit-il.

Le saut s’est révélé profitable. Rapidement, les visiteurs ont été au rendez-vous. Ouvert de mai à octobre, le vignoble accueille plus de 10 000 personnes pour des visites guidées et des dégustations.

« On est dans le top 3 des destinations touristiques des Cantons-de-l’Est sur Trip Advisor », affirme Marco Corbin.

L’appel de la terre

Il n’avait jamais vraiment pensé à devenir vigneron jusqu’au jour où il s’est associé avec son beau-père, Jacques Chabot, pour fonder La Halte des pèlerins. Ce dernier était propriétaire d’un vaste terrain situé à proximité du centre-ville de Sherbrooke où il avait prévu faire du développement immobilier. Lors d’un souper arrosé de bons vins, ils ont décidé d’en changer la vocation pour en faire un vignoble.

Les nouveaux associés ont planté leurs premières vignes en 1998 et ont commencé à produire du vin quelques années plus tard. Entre-temps, Marco Corbin s’est formé au métier de vigneron en suivant des cours à l’Institut de technologie agroalimentaire.

Ce goût de travailler la terre était en lui depuis son enfance. « Mon grand-père avait un verger et j’allais régulièrement l’aider. Je vivais à la campagne tout près du Vignoble de la Bauge que j’ai vu grandir. Cela m’a marqué. L’amour de la terre m’est resté depuis. »

Une affaire de famille

Dès le début de cette aventure, Marco Corbin a été soutenu par sa conjointe, Geneviève Chabot, qui est venue le rejoindre dans l’entreprise en 2011. Leurs deux filles suivent aujourd’hui leurs traces en travaillant au vignoble durant les vacances.

« Le secret pour que ça marche, c’est que les rôles de chacun soient bien définis. Ma femme s’occupe de la boutique et du service à la clientèle assistée de nos filles qui travaillent lors des réceptions. De mon côté, je gère la production. Quant à mon beau-père, qui est aujourd’hui à la retraite, il est notre commissionnaire préféré. Il est toujours là pour nous donner un coup de main. »

L’entreprise, qui emploie une vingtaine de personnes en haute saison, est à un autre moment charnière de son développement. D’ici trois ou quatre ans, Marco Corbin veut doubler la production annuelle qui est actuellement d’environ 40 000 bouteilles par année.

« On étudie la possibilité de planter de nouvelles vignes. Avec la diversification des canaux de vente, il y a une demande croissante à combler », affirme Marco Corbin.

Depuis deux ans, les différents vins de La Halte des pèlerins sont vendus dans des épiceries de la région. Un « marché porteur qui représente déjà 30 % de nos ventes. Le reste de la production est écoulé au vignoble et dans les magasins de la SAQ ».

Marco Corbin a été aux premières loges pour constater la popularité grandissante des vins du Québec.

« Notre industrie est de plus en plus mature. On a l’expérience, on a les cépages pour produire des vins de qualité. On a de belles années devant nous. »

L’aventure se poursuivra en famille puisque son aînée étudie au cégep en gestion d’une entreprise agricole en vue de prendre la relève. « Je lui ai transmis le goût d’entreprendre », dit-il avec fierté.


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« Ne pas écouter ma petite voix intérieure. Si je l’avais fait davantage, j’aurais moins de cheveux gris ! Il faut faire attention aux décisions cartésiennes ou strictement économiques. Il faut ajouter un filtre émotionnel dans l’équation. »

Marco Corbin, 46 ans

  • DEC en Technologie du génie civil, Cégep de Sherbrooke, 1994
  • Gérant de projets en construction, Tijaro Ltée, entrepreneur général, 2006 à 2008
  • Cofondateur de La Halte des pèlerins, 1998