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La fin ne justifie pas les moyens

La fin ne justifie pas les moyens
Photo d’archives

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Comme ça, si je comprends bien certains chroniqueurs, la survie de SNC-Lavalin est tellement importante pour l’économie du Québec que ça ne leur aurait pas fait un pli sur la bedaine si Justin Trudeau avait fait pression auprès de la Procureure générale pour qu’elle convainque la Directrice des poursuites pénales de ne pas porter d’accusation contre l’entreprise.

Ben coudonc...

On n’a pas la même idée de ce que devrait être un État de droit.

ON N’EST PAS À SANTA BANANA

En octobre dernier, la Directrice des poursuites pénales du Canada, madame Kathleen Roussel, a décidé de porter des accusations contre SNC-Lavalin.

On peut le déplorer. On peut trouver que c’est une mauvaise décision.

On peut se poser des questions sur ses motivations.

Qu’est-ce qui l’a amenée à écarter une entente à l’amiable ? Pourquoi voulait-elle absolument aller en procès ?

Reste que c’est ça qui est ça.

Au Canada, c’est la Directrice des poursuites pénales qui décide si des accusations seront portées contre telle personne ou telle entreprise.

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Pas le PM.

Et vous savez quoi ? C’est très bien comme ça.

Je n’ai pas envie de vivre dans un pays où c’est le premier ministre qui décide qui devrait être accusé au criminel et qui ne devrait pas l’être.

Vous imaginez ?

« Ah, cette entreprise devrait être accusée, mais pas celle-là ! »

Pourquoi ? Parce qu’une telle a donné beaucoup d’argent à son parti, mais pas l’autre ?

Parce que le patron de telle compagnie est son ami ?

Voyons !

Je ne peux pas croire que des gens intelligents ne voient aucun problème à ce que le PM puisse s’ingérer dans le processus judiciaire !

La fin justifie les moyens, c’est ça ?

Tous les moyens sont bons pour sauver SNC-Lavalin ?

Rappelez-vous le premier procès contre Guy Turcotte.

La grande majorité des Québécois étaient furieux contre le verdict du jury (non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux).

Mais que voulez-vous, c’est comme ça que le système fonctionne : on choisit 12 jurés, et ce sont eux qui tranchent.

Pas Jo Blow dans son sous-sol. Ni le premier ministre.

C’EST LA LOI

S’il y a eu un deuxième procès dans l’affaire Turcotte, ce n’est pas parce que Monsieur et Madame Tout-le-monde n’étaient pas d’accord avec le verdict, c’est parce que le juge de première instance avait commis une faute.

De même, on peut critiquer la décision de madame Roussel. Mais c’est elle qui tranche.

Pas vous. Ni moi. Ni le premier ministre.

Et puis, une question comme ça : se pourrait-il que madame Roussel avait de bonnes raisons d’écarter une entente à l’amiable ?

Comme l’a révélé Jonathan Trudeau à La Joute, c’est écrit noir sur blanc dans le Code criminel : lorsqu’une entreprise canadienne est reconnue fautive d’avoir corrompu un agent étranger, le Service des poursuites pénales « ne peut prendre en compte les intérêts économiques du pays ».

En clair : le fait que SNC-Lavalin a 9000 employés ne doit pas peser dans la balance quand vient le temps de décider si on porte des accusations ou pas !

C’est la loi !

Et à moins que je me trompe, nous devons tous respecter la loi.