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Quand les femmes ne seront plus des poupées

Une maison de poupée
Photo courtoisie Nora, le personnage principal, est interprétée par la comédienne Marie-Pier Labrecque.

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Écrite en 1879, la célèbre pièce Une maison de poupée aura son adaptation québécoise contemporaine, qui prendra prochainement l’affiche sur la scène Fred-Barry. Une belle occasion de voir à quel point le dramaturge norvégien Henrik Ibsen travaillait pour la cause de l’émancipation des femmes.

« J’ai toujours eu envie de jouer cette pièce », confie d’emblée la comédienne Marie-Pier Labrecque qui interprétera, Nora, le personnage principal. « Elle me fascine. C’était une pièce très féministe au moment où elle a été écrite, et elle l’est encore aujourd’hui. »

L’auteur norvégien décédé en 1906 est devenu célèbre non pas seulement pour sa pièce, qui a d’ailleurs fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques, mais davantage pour ses propos. « Les femmes ne peuvent pas être elles-mêmes dans la société d’aujourd’hui qui est une société exclusivement masculine, avec des lois rédigées par des hommes et avec des procureurs et des juges qui jugent le comportement féminin en se plaçant du point de vue de l’homme », estimait-il de son vivant.

À l’époque, sa pièce Une maison de poupée a été vivement critiquée, on parlait même de scandale, au point où certains pays ont dû changer la finalité de la pièce afin d’éviter de choquer les spectateurs.

Prendre sa place

Inspirée en partie d’un fait vécu, la pièce raconte l’histoire d’une femme, Nora, mère de trois enfants, qui, après avoir été traitée toute sa vie comme une poupée par son père puis par son mari, prendra finalement le contrôle sur son destin. « Nora est une femme forte qui aimait profondément son mari et qui a été guidée par son amour pour lui afin de l’aider », précise Marie-Pier Labrecque­­­ qui enchaîne les rôles au théâtre. On l’a récemment vue, en février dernier, à l’Espace Go dans la pièce Électre.

Nous sommes à une époque où les femmes n’ont pas le droit d’emprunter de l’argent ni même de faire un chèque. Son mari (Jean-René Moisan), banquier, vient de tomber malade. Pour l’aider dans sa convalescence, Nora va falsifier la signature de son époux afin de pouvoir emprunter. « Elle doit l’emmener en Italie, mais elle n’a pas d’argent et se trouve dans l’impossibilité d’emprunter », souligne-t-elle.

Huit ans plus tard, la fraude bancaire éclatera et ce sera le drame. S’ajoutera du chantage provenant d’un employé de la banque.

Femme forte

Finalement, c’est la femme forte en Nora qui prendra le dessus. « À cette époque, c’était une très grosse décision que de quitter son mari, car la femme n’avait pas de ressources financières », fait remarquer la comédienne. Néanmoins, Nora finira par quitter son mari et ses enfants.

Toujours très présente sur les planches, Marie-Pier Labrecque se retrouvera en avril prochain sur la scène de l’Espace Go dans la pièce Strindberg, entourée notamment d’Isabelle Blais et Jean-François Casabonne. On suit également la comédienne au petit écran dans la série O’ à TVA.

Une maison de poupée

  • Auteur : Henrik Ibsen
  • Adaptation : Rébecca Déraspe
  • Mise en scène : Benoît Rioux
  • Distribution : Kim Despatis, Marie-Pier Labrecque, Simon-Pierre Lambert, Mathieu Lepage et Jean-René Moisan
  • Du 12 au 29 mars
  • Au Théâtre Denise-Pelletier (Salle Fred-Barry)