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Un musée exubérant

Un des nombreux couloirs du musée où l’on peut apprécier les œuvres.
Photo Jacques Lanctôt Un des nombreux couloirs du musée où l’on peut apprécier les œuvres.

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La Havane fait souvent les choses en double. Du moins, c’est le cas des deux musées nationaux des Beaux-arts, l’un consacré à l’art universel — dont j’ai déjà parlé — et l’autre à l’art cubain, de la période coloniale à l’ère moderne.

Celui-ci, appelé Palais des Beaux-Arts, a été construit entre 1950 et 1954, selon les critères modernes de la muséologie, tout en conservant quelques aspects de l’architecture coloniale, comme son immense patio central qui permet l’exposition de sculptures colossales.

Cette œuvre illustre la Révolution au début des années soixante.
Photo Jacques Lanctôt
Cette œuvre illustre la Révolution au début des années soixante.

1 200 pièces

Ce musée présente quelque 1200 pièces, toutes provenant d’artistes cubains ou d’artistes étrangers qui vivaient à Cuba. Mais l’aspect le plus spectaculaire est sans aucun doute la section de l’art contemporain qui témoigne de la vivacité et de l’originalité des créateurs cubains, comme Raul Martinez, Ever Fonseca, Amelia Pelaez, Kcho, ou encore René Portocarrero.

On y organise aussi des expositions solos ou thématiques. Lors de mon passage, on présentait les œuvres de l’artiste cubain Eduardo Roca Salazar, dit Choco, Prix national des arts plastiques 2017.

La visite de ce musée d’art moderne est un must pour toute personne qui s’intéresse à la culture et à l’art contemporain, mais aussi à l’âme cubaine. Premièrement, l’endroit est agréable, spacieux, bien éclairé et bien aéré. Deuxièmement, il n’y a pas foule, on peut circuler à notre guise dans les différentes salles des trois étages mis à notre disposition et s’arrêter quand bon nous semble pour examiner de plus près une œuvre. On peut ainsi mieux connaître l’histoire singulière et peu banale d’un petit pays des Caraïbes qui, à la fin des années cinquante, a connu une révolution qui a façonné sa population et ses artistes pour en faire quelque chose de tout à fait unique. D’ailleurs, l’endroit est fréquenté aussi bien par les touristes que par les Cubains.

Le Che, figure emblématique de la Révolution, est dépeint dans le Palais des Beaux Arts.
Photo Jacques Lanctôt
Le Che, figure emblématique de la Révolution, est dépeint dans le Palais des Beaux Arts.

Fierté cubaine

Si les peintres d’avant la Révolution sont inspirés des grands courants artistiques en Europe, entre autres le cubisme et le pointillisme, les artistes qui émergent après 1959 participent d’une autre vision de l’art, plus éclatée et plus revendicatrice.

Vous retrouverez cette fierté cubaine, que l’on rencontre un peu partout dans l’île. Ces deux heures vite passées vous réconcilieront à coup sûr avec l’art moderne, ses exubérances et ses débordements.

Si vous venez en groupe, vous pourrez demander les services d’un guide qui s’exprime en français. Le prix d’entrée est de 5 CUC et les photos sont permises tout au long de la visite.

À la sortie, n’oubliez pas de visiter la petite boutique, où vous trouverez les habituelles reproductions et catalogues d’expositions, des monographies d’artistes et autres jolis souvenirs.