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Une belle découverte

San Perdido, David Zukerman, Éditions Calmann-Lévy, 414 pages
Photo courtoisie San Perdido, David Zukerman, Éditions Calmann-Lévy, 414 pages

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Un excellent premier roman qui ne donnera à personne l’impression d’avoir perdu son temps.

Pour un premier roman, chapeau ! Car s’il a déjà écrit plusieurs pièces de théâtre, dont certaines ont été diffusées sur France Culture, David Zukerman n’avait encore jamais publié de récit aussi luxuriant (et trépidant !) que San Perdido.

Portant très bien son nom, San Perdido est le « royaume du marché noir et de la prostitution ». D’ailleurs, dès que des touristes s’aventurent dans cette cité perdue du Panama, ce n’est que pour profiter de ses putains et de ses cigares. Pas pour la beauté des lieux qui est du reste toute relative, plusieurs quartiers d’une extrême pauvreté y ayant poussé. Au beau milieu de cette « ville oubliée de Dieu », il y a même une décharge publique à ciel ouvert : celle où Yerbo Kwinton, le légendaire héros local, a été aperçu pour la première fois.

Un nouveau justicier

En juin 1946, un gamin noir aux yeux incroyablement bleus a en effet mystérieusement jailli de la jungle pour venir s’installer dans cette décharge. Et s’il ne parle pas, tout le monde saura néanmoins très vite une chose : avec ses mains grosses comme ça, il peut facilement plier des barres de fer ou transporter de lourdes portes de conteneur. Une particularité qui, au fil des ans, lui donnera l’étoffe d’un héros. Car à mi-chemin entre les mythiques Robin des Bois et Zorro, Yerbo se portera toujours à la défense des plus faibles, les viols de fillettes ou de femmes ne manquant pas dans le coin.

Une lecture fortement addictive qui fait partie des belles découvertes de la rentrée littéraire d’hiver.

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

Un mariage sur écoute

John Jay Osborn, aux Éditions de l’Olivier, 224 pages
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John Jay Osborn, aux Éditions de l’Olivier, 224 pages

Entreprendre une thérapie conjugale pour déballer tout ce qu’ils ont sur le cœur permettra-t-il à Gretchen et à Steve de se ressaisir et d’échapper à la case divorce ? C’est ce qu’on découvrira dans ce truculent roman, l’un comme l’autre ayant bien des choses à se reprocher. À commencer par les innombrables frustrations du quotidien et... les écarts extraconjugaux. Un huis clos difficile à lâcher dès la première page.

La guerre des pauvres

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Éric Vuillard, aux Éditions Flammarion, 80 pages

De nos jours, très peu de gens peuvent dire sans consulter d’abord Wikipédia qui est Thomas Müntzer. Pour celles et ceux qui sont curieux de le découvrir, Éric Vuillard résume donc avec brio l’existence de ce prédicateur allemand entre le moment où, vers 1500, son père a été pendu sur les ordres du comte de Stolberg, et celui où il sera lui-même décapité, ses sermons enflammés ayant amené les pauvres à se révolter.

Le plastique c’est pas automatique

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Sophie Noucher, aux Éditions First, 160 pages

Éliminer de notre vie absolument tout ce qui rime avec plastique pour ne plus jamais ingérer la moindre particule de pétrole ? Extrêmement difficile mais faisable, du moins en partie. Que ce soit au supermarché, dans la cuisine, dans la salle de bains, dans la chambre des enfants ou au bureau, ce livre qui démystifie une foultitude de choses (en plastique !) nous montre comment.

Les 100 mots de Rome

Bruno Racine, aux Éditions Que sais-je?, 128 pages
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Bruno Racine, aux Éditions Que sais-je?, 128 pages

Il y a des milliers de façons de découvrir la Ville éternelle, et l’une d’entre elles est d’ouvrir ce tout petit livre qui, à l’aide de ses 100 mots judicieusement choisis, nous permet en un clin d’œil de rafraîchir nos souvenirs concernant Romulus et Rémus, d’en apprendre plus sur l’autel de la Paix édifié par l’empereur Auguste, d’utiliser à bon escient le terme borgata ou de visiter de loin ses sept collines originelles. Semplice e utile !

Frissons garantis

L’empreinte

L’empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich, Aux Éditions Sonatine, 480 pages
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L’empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich, Aux Éditions Sonatine, 480 pages

À l’instar de ses parents, ­l’Américaine Alexandria Marzano-Lesnevich choisira de devenir avocate. En 2003, alors qu’elle vient tout juste de terminer sa première année à la faculté de droit de Harvard, elle ira ainsi suivre un stage dans un cabinet de Louisiane représentant régulièrement des individus accusés de meurtre, le principal objectif de cette jeune étudiante étant de lutter contre les condamnations à mort. Mais à peine arrivée, on lui montrera une vidéo qui bouleversera complètement son existence et ses certitudes.

L’écho du passé

Une dizaine d’années plus tôt, à Iowa (prononcez Io-way), le petit Jeremy Guillory a en effet été étranglé sans raison par Ricky Langley, un pédophile en liberté conditionnelle qui avait récemment emménagé dans le secteur. Arrêté peu après, Ricky sera donc jugé et reconnu coupable, avec la promesse de finir sur la chaise électrique. Mais au cours de son second procès (on vous laisse le soin de découvrir pourquoi ce deuxième procès), la propre mère de Jeremy Guillory viendra à la barre pour empêcher la mort de Ricky. Et Alexandria, qui s’était pourtant toujours vivement opposée à la peine capitale, sera la première à ne pas en saisir les raisons. Du coup, elle passera la décennie suivante à enquêter sur cette affaire, qui a su éveiller en elle de très douloureux souvenirs.