/sports/hockey
Navigation

Mission impossible

La chasse aux bactéries est une lutte perpétuelle

Les bactéries se reproduisent rapidement dans un environnement propice à leur multiplication. Dans les produits des Laboratoires de Choisy, les bactéries bénéfiques sont utilisées pour créer une compétition exclusive.
Photo Martin Alarie Les bactéries se reproduisent rapidement dans un environnement propice à leur multiplication. Dans les produits des Laboratoires de Choisy, les bactéries bénéfiques sont utilisées pour créer une compétition exclusive.

Coup d'oeil sur cet article

LOUISEVILLE | Sur un pouce carré de textile, la population bactérienne peut atteindre jusqu’à 10 milliards de cellules. Cette faune est plus diversifiée dans un équipement de hockey, où les conditions de multiplication sont optimales. C’est pourquoi il est important de maintenir une bonne hygiène de son équipement.

Bien qu’un cycle de nettoyage au détergent ou une désinfection complète à l’ozone soient assez efficaces pour éliminer les bactéries, ils ne les anéantissent pas à 100 %. Cette mission est virtuellement impossible, explique le directeur de la recherche et du développement en biotechnologie des Laboratoires Choisy, rencontré à Louiseville en Mauricie, Éric Émond.

Si l’on prend l’exemple des produits alléguant l’élimination de plus de 99,9 % des bactéries sur une surface donnée, il restera tout de même 0,1 % de la population initiale, soit environ 10 millions de bactéries par pouce carré sur un textile qui en comptait près de 10 milliards.

« Pourtant, avec le nettoyage, on avait fait tout un “génocide” en éliminant 99,9 % des bactéries ! », s’exclame le scientifique.

« Sur une surface souple ou un bout de textile poreux, les bactéries s’incrustent et forment un biofilm constitué de substances qu’elles sécrètent pour se fixer et se protéger des agressions de l’environnement, poursuit le Dr Émond. Elles se font en quelque sorte leur propre niche protectrice. Comme on ne peut pas s’en débarrasser définitivement, la lutte contre les bactéries n’est pas un combat à finir, mais plutôt une question de gestion efficace. Tout est une question d’équilibre. »

Pouvoir neutralisant

Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas la sueur humaine qui empeste, mais plutôt les produits générés par la fermentation de la sueur de la peau. Considérant que la peau humaine est peuplée de 100 à 200 espèces de bactéries différentes, pas étonnant que certaines d’entre elles soient pathogènes, telles que les staphylocoques et les streptocoques. Celles-ci peuvent, en certaines occasions, causer de graves infections.

Ne pouvant espérer les éliminer complètement, une approche basée sur le contrôle environnemental des populations est proposée dans plusieurs produits nettoyants et destructeurs d’odeurs. Elle sert à équilibrer la flore bactérienne occupant un équipement sportif. Cette approche n’a pas la prétention d’éradiquer les bactéries, elle les met plutôt au pas. C’est une « armée » de bonnes bactéries cherchant à prendre la place des bactéries nuisibles. Ce n’est surtout pas qu’un simple désodorisant.

« Nous avons choisi une approche de compétition exclusive en ajoutant des bactéries bénéfiques dans nos produits. Pour paraphraser la description du processus, la bactérie nouvellement ajoutée sur l’équipement dit à celle qui y est déjà présente : “tasse-toi, je prends ta place !” Bref, elle joue du coude, explique Éric Émond pour vulgariser le processus écologique sur lequel s’appuient les produits Captodor des Laboratoires Choisy. On déplace ainsi l’équilibre des populations pour favoriser les bactéries inoffensives qui ne génèrent pas de mauvaises odeurs. »

Lutte quotidienne

Selon le scientifique, cette lutte est une affaire quotidienne. En suivant un programme d’hygiène qui inclut le nettoyage régulier des équipements, le contrôle des odeurs avec les produits adéquats et le soin immédiat des plaies cutanées pour prévenir les infections, il est possible de pratiquer ses sports favoris en sécurité et en limitant les désagréments.

« La société occidentale aimerait le risque zéro en éliminant tous les micro-organismes de [son] environnement. C’est une utopie. Il faut être réaliste : les bactéries seront toujours présentes, bonnes et mauvaises. Tout est une question d’équilibre. Il suffit de suivre un programme d’hygiène régulier pour réduire ces risques. C’est la clé », rappelle Éric Émond.

La croissance exponentielle

  • Les bactéries sont les organismes qui se reproduisent le plus rapidement
  • Elles ont une croissance exponentielle. Leur nombre double toutes les 20 à 30 minutes
  • La croissance bactérienne est l’accroissement des composants. Celle-ci grandit et se divise en deux cellules
  • En 20 heures, une bactérie en aura produit 1 milliard
  • Les conditions propices à leur folle multiplication : chaleur humaine / humidité / transpiration / nutriments de la desquamation de la peau
  • Une surface désinfectée est donc rapidement recolonisée comme elle l’était à son point nominal
  • La durée de vie d’une bactérie varie selon les genres. Elle peut vivre plusieurs heures ou plusieurs jours. Le staphylocoque doré peut vivre jusqu’à une centaine de jours.

 

La technologie change la donne

 

Même si les joueurs ne sont pas à l’abri des infections causant de graves problèmes de santé, les nouvelles technologies des équipements aident à limiter la prolifération des bactéries.

En passant des fibres naturelles aux fibres synthétiques il y a plusieurs années, les équipementiers ont contribué à la santé des joueurs. Mis à part les casques et les patins, tout peut maintenant se retrouver à la laveuse pour un cycle de nettoyage en profondeur. Ce qui n’était pas le cas auparavant quand le cuir et le coton prévalaient.

« Avant, le cuir ne séchait quasiment jamais et je pouvais tordre les combinaisons en coton après leur utilisation, se rappelle Pierre Gervais. Maintenant, avec les matériaux synthétiques, le nylon et le polyester, c’est plus hygiénique. Ça sèche en un rien de temps. Mais c’est moins résistant. »

Demandes spéciales

Les bactéries se reproduisent rapidement dans un environnement propice à leur multiplication. Dans les produits des Laboratoires de Choisy, les bactéries bénéfiques sont utilisées pour créer une compétition exclusive.
Photo Martin Chevalier

Conscients des réalités, les joueurs demandent aussi à ce que leur équipement soit lavé plus souvent. C’est notamment le cas de Paul Byron qui n’hésite pas à jeter ses gants et protège-coudes dans la laveuse, tout comme Andrew Shaw et Nicolas Deslauriers.

Si un joueur devait développer une irritation quelconque, de concert avec l’équipe médicale, Pierre Gervais et son adjoint, Pierre Ouellette surnommé « Steamer », prendraient toutes les précautions nécessaires pour éviter une éventuelle aggravation. Ils tomberaient aussitôt en mode nettoyage après chaque utilisation. L’équipement serait désinfecté en entier. Si le problème devait persister, ils changeraient tout l’équipement.


Des manies

Carey Price vaporise son équipement d’eau. Ainsi, il évite d’enfiler des pièces d’équipement très sèches. Il préfère quand il est un peu humide. D’autres joueurs placent leur équipement dans le bain vapeur ou le sauna afin qu’il soit un peu humide.

Serviettes et bouteilles

Chaque serviette est à utilisation unique. Une fois qu’un joueur en a fini, elle prend la direction du panier à lavage. Cela permet d’éviter une propagation en cas de virus. Mais sur le banc, les bouteilles d’eau ne sont plus numérotées et personnalisées à chaque joueur, elles sont maintenant partagées.

H2O2 Peroxyde d’hydrogène

Agent de blanchiment efficace, il a un grand pouvoir oxydant. Il est aussi utilisé comme antiseptique. Vaporisé à haute température, il sert à stériliser. Il est très réactif sur les matières organiques telles que les bactéries, les virus et les spores..

O3 Ozone

Puissant oxydant. Parmi les désinfectants les plus puissants, alors que son efficacité dépasse celle du chlore. Détruit les particules organiques sur les surfaces et dans l’air.